Le Dollar rechute lourdement face au Yen (de -1,8% vers 155,88), le Franc suisse prend sa revanche face à l'Euro avec 0,4% vers 0,9380, le Yuan gagne également du terrain à 7,81 contre Euro. Le FOREX n'a pas attendu la publication du "NFP" (rapport mensuel sur l'emploi) pour décaler de façon spectaculaire (en théorie, cela aurait dû survenir demain, après 14H30). En effet, Christopher Waller, membre votant de la FED au prochain FOMC, déclare "qu'il serait favorable au maintien du taux cible des fonds fédéraux si les données montrent une atténuation des pressions inflationnistes en direction des 2%".
Cela peut paraître paradoxal, mais la déclaration d'un membre de la FED, même d'un camp aujourd'hui minoritaire, qui "plait" au marché, a plus de poids que la parole même du patron de la FED, qui est par définition celui qui impose la tendance, mais qui déplait.
Kevin Warsh, avec sa déclaration "hawkish" sur l'inflation jeudi a fait grimper le "$-Index" de 0,5% (vers 99,7), Christopher Waller, a fait replonger le "$-Index" de -0,63% vers 98,85, au plus bas depuis le 28 août en faisant part de sa préférence pour un statu quo sur les taux le 16 septembre (dans moins de 2 semaines).
La rechute du Dollar fait s'envoler les cryptos de 5,5% en moyenne, le Bitcoin refranchit en force les 80 000 USD, à 81 800 USD... et dans une moindre mesure, grimper l'Or de 2% et l'argent de 2,5% (relation symétrique classique).
Le raisonnement est le suivant : si les chiffres de l'emploi sont médiocres demain, le chômage en taux, la population active en baisse, les membres de la FED disposeraient d'un bon prétexte pour "attendre et voir".
Kevin Warsh a déjà écarté -à titre personnel mais également comme principe d'action de la FED- l'option du "laisser faire" face à l'inflation.
Mais les cambistes semblent soudain convaincus du contraire, même en constatant la dynamique des prix qui repart à la hausse, le gallon de diesel à plus de 5 USD en moyenne sur le sol américain, la flambée du gaz, des céréales, des dérivés pétroliers.
Une parole qui plait et tout est oublié.
Une des meilleures preuves, c'est la chute du "VIX" qui mesure l'intensité du stress face aux grands sujets du moment (géopolitique, déficits, taux d'intérêt) : il a décroché de -6% ce jeudi, après -9% mercredi... et retombe sur 14,3, son niveau du 31 décembre 2025, qui coïncide avec le plancher annuel du 14 août.
Christopher Waller a relégué au second plan de nombreux chiffres US inscrits à l'agenda ce jeudi : les indicateurs d'activité US ont témoigné d'une vigueur persistante de l'économie cet été.
L'indice "PMI composite" de S&P Global grimpe vers 56 en août, après 54,6 en juillet, tandis que sa composante des services s'est établie à 56,5.
L'enquête ISM des "services" de l'Institute for Supply Management a également fait état d'une accélération plus forte que prévu de l'activité dans le secteur tertiaire avec 1,3Pt à 55,4 en août, alors que les économistes anticipaient une stabilisation à 54,1.
Sur le front du commerce extérieur américain en revanche, mauvaise surprise puisque le déficit s'est lourdement creusé, de 24,4% à -88,6 milliards de dollars en juillet, contre 71,2 milliards le mois précédent... cela reste néanmoins légèrement inférieur aux 90 milliards de dollars anticipés par le consensus.
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