Marchés

Wall Street drapée en rouge après un week-end prolongé

Publié le 8 septembre 2026 à 16h56

Wall Street a rouvert ses portes aujourd'hui après un week-end prolongé dû au "Labor Day". Et les investisseurs font plutôt grise mine : près de deux heures après la cloche, le Nasdaq et le S&P 500 reculent de 0,5% tandis que le Dow Jones s'enfonce un peu plus franchement (-1,2%). Il faut dire que les tensions sur l'obligataire et sur le pétrole ne plaident pas en faveur des marchés actions...

Les chiffres sont têtus : le conflit en Iran est entré dans son septième mois et la promesse d'un conflit réglé en "4 à 5 semaines" est enterrée depuis belle lurette. Le détroit d'Ormuz reste toujours largement perturbé et aucune sortie de crise ne se dessine à court terme. Par conséquent, les cours du pétrole restent sous tension, avec un WTI qui tutoie désormais les 93 USD ( 0,3%).

Dans ce contexte, et à l'approche des midterms, le président américain a tenté de rassurer son électorat, très sensible à la thématique du pouvoir d'achat. "Les prix du pétrole chuteront brutalement, tout comme le reste (mais encore plus !), lorsque nous GAGNERONS la guerre contre l'Iran", a-t-il martelé sur Truth Social. Mais, après avoir multiplié les fausses promesses et les outrances, le Républicain peine désormais à convaincre au-delà de son cercle de fidèles. Et même le "contrat historique" annoncé la semaine dernière avec le Venezuela autour du pétrole n'a pas eu grand effet sur les cours.

En réalité, "la réouverture pétrolière du Venezuela constitue pour l'instant davantage un bouleversement géopolitique qu'un choc d'offre, les ambitions de production restant freinées par les infrastructures", note-t-on chez AlphaValue. Pour les analystes, les tensions autour d'Ormuz demeurent le principal déterminant de l'évolution des cours du brut.

Selon Axios, la guerre contre l'Iran a jusqu'à présent imposé environ 100 milliards de dollars de coûts énergétiques supplémentaires aux consommateurs américains.

Des rendements obligataires qui restent préoccupants

Le rendement des Treasury Bonds à 10 ans évolue autour de 4,79%, un niveau élevé mais néanmoins globalement stable depuis plusieurs jours. En effet, les intervenants sont désormais dans l'attente des données sur l'inflation américaine en août qui seront publiées vendredi.

"Depuis le début de l'année, la remontée des rendements a surtout été alimentée par la partie courte de la courbe, sous l'effet du relèvement des anticipations de taux directeurs", notait ce midi Eléonore Bunel, directrice de la gestion taux chez Lazard Frères Gestion.

La gestionnaire reste toutefois vigilante sur le long terme, en raison "du déficit structurel élevé, de [la] dette qui est colossale aux Etats-Unis" et des intérêts de la dette "qui ne cessent de monter". La situation est d'autant plus délicate que l'inflation américaine reste une source d'incertitude, tandis que la nouvelle communication de la Fed, notamment certaines prises de parole relativisant le risque inflationniste, a pu "déranger les marchés".

Les titres en mouvement

Dans l'actualité des valeurs, GE Aerospace ( 0,8%) annonce l'acquisition de Consolidated Precision Products (CPP) auprès de Warburg Pincus et Berkshire Partners pour 11,75 milliards de dollars. L'opération est jugée "stratégique" par Jefferies, qui confirme sa recommandation d'achat sur le titre avec une cible de cours de 455 USD.

HSBC réitère sa recommandation "achat" et son objectif de cours de 366 USD sur Apple (-1,2%), à la veille de la conférence (keynote) de la firme technologique, un événement qui s'annonce "encore plus spécial" cette année, selon l'établissement financier britannique.

L'action Qualcomm progresse de 5% après l'annonce d'un partenariat avec Amazon Web Services (AWS) portant sur les infrastructures de centres de données. L'accord prévoit le développement de "plusieurs générations de puces personnalisées" pour soutenir les infrastructures d'intelligence artificielle d'AWS.

Accenture (-4%) et Google Cloud, division d'Alphabet, font part du lancement d'Accenture Gemini Enterprise, un groupe mondial conçu pour "aider les clients à tirer une valeur commerciale mesurable de leurs investissements dans les données et l'IA agentique".

Rigetti Computing ( 4,9%) a conclu un accord définitif avec le département américain du Commerce portant sur un financement de 100 millions de dollars. Accordée dans le cadre du CHIPS Act, cette enveloppe doit soutenir les activités de recherche et développement du groupe dans l'informatique quantique supraconductrice. En contrepartie, le département du Commerce recevra une participation minoritaire et sans pouvoir de contrôle dans Rigetti.

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