Les principales Bourses européennes devraient tenter d'amorcer un petit rebond vendredi après avoir aligné deux séances de forte baisse en attendant la publication décisive des chiffres mensuels de l'inflation aux Etats-Unis, qui pourraient bien attiser les craintes de voir la Réserve fédérale relever ses taux dès la semaine prochaine. Les contrats à terme sur indices préfigurent une hausse de 0,3% pour le CAC 40, de 0,1% pour le DAX à Francfort et de 0,2% pour le FTSE 100 à Londres. Quant à l'Euro STOXX 50, il devrait gagner autour de 0,2% selon les premières indications disponibles.
L'indicateur des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis pour le mois d'août, qui tombera à 14h30, soit une heure avant l'ouverture à New York, sera soigneusement étudié dans un contexte de persistance de l'inflation qui semble de plus en plus susceptible de conduire la Fed à durcir sa politique monétaire.
Ces données devraient confirmer que les tensions inflationnistes ne refluent que très lentement Outre-Atlantique, ce qui pourrait fournir un nouvel argument aux partisans d'un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale dès mercredi prochain.
La moyenne des estimations des économistes donne un chiffre de 2,4% en rythme annuel pour l'indice d'inflation de base dit "core CPI", contre 2,5% en juillet.
Les marchés bénéficiaient jusqu'à il y a peu d'un scénario associant une croissance solide, de bons résultats d'entreprise et la perspective de voir l'inflation se résorber, une combinaison idéale pour les actifs risqués, mais les investisseurs redoutent maintenant de voir les prix se réveiller du fait de l'envolée des prix pétroliers.
Hier, les statistiques des prix à la production (PPI) ont montré une progression de 5,4% en août en rythme annuel, contre 5,3% attendus et après 4,8% le mois précédent, des données qui semblent aller dans le sens d'une politique plus restrictive de la part de la Fed.
Selon le baromètre FedWatch du CME Group, la probabilité estimée par les investisseurs d'une hausse de taux la semaine prochaine oscille autour de 70% alors que seuls 30% des investisseurs envisagent encore un statu quo.
Le débat sur l'opportunité d'un resserrement monétaire a déjà été alimenté par la flambée des cours du pétrole au cours des derniers jours.
Le pétrole reflue après son récent accès de fièvre
Après avoir grimpé de plus de 25% en trois semaines, le Brent consolide de 1,5% à 105,7 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,3% à moins de 101,2 dollars.
D'après les professionnels, le Brent de Mer du Nord devrait continuer à grimper maintenant qu'il a franchi à la hausse le seuil des 100 dollars.
D'après Michael Kramer, chez Mott Capital Management, le baril se dirige désormais vers le seuil de 113 dollars, qui devrait constituer sa prochaine résistance, avant une éventuelle progression jusqu'à 120 dollars.
La perspective d'une poursuite de l'envolée des prix de l'énergie continue d'entretenir la hausse des rendements des emprunts d'Etat, ce qui pèse sur Wall Street en handicapant notamment les valeurs technologiques.
Alors que les compteurs s'affolaient sur le pétrole et sur les rendements obligataires, l'indice Dow Jones est toutefois parvenu à limiter son repli à 0,6% hier soir, mais le Nasdaq 100 reculait plus nettement en abandonnant près de 1,1% au terme des échanges.
Sans attendre le grand rendez-vous de l'inflation américaine, les rendements des bons du Trésor américain s'inscrivent en hausse pour la quatrième séance consécutive.
A 4,9440%, les titres à dix ans retrouvent des plus hauts de trois ans et flirtent dangereusement avec la zone critique des 5%.
Le marché européen suit le mouvement, d'autant que la réunion de la BCE a renforcé hier les anticipations d'une nouvelle hausse de taux en décembre, ce qui fait remonter le rendement du Bund allemand au-delà de 3,50%.
À la Bourse de Tokyo, l'indice Nikkei lâchait plus de 2% en toute fin de séance, les investisseurs japonais évitant eux aussi les prises de risque avant le CPI américain.
Pour en terminer sur une note positive, Oracle bondit de 6,5% dans les échanges électroniques d'après-Bourse après avoir battu les attentes sur son 1er trimestre fiscal, porté par une accélération massive de son activité d'infrastructures cloud (OCI), dont les revenus ont bondi de 121%.
Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.