La semaine a été rude sur les marchés, avec des rendements qui ont bondi de 15 à 20Pts de base en seulement 4 séances Outre-Atlantique (lundi était férié) : le "10 ans" US rajoute 18Pts de base, le "2 ans" 28Pts, et côté Europe, nos OAT rajoutent 26Pts (dont 1Pt ce vendredi à 4,541%), les BTP italiens 22Pts (à 4,364%), les Bunds 18Pts ( 1Pt ce 11/9 à 5,51%). Le "spread" OAT/Bund s'écarte donc de 94Pts, soit 8Pts en une semaine ( 30Pts depuis le 26 juin) et affiche ainsi le pire score depuis juillet 2012 (et le "quoi qu'il en coûte de Mario Draghi). Ce vendredi, la fièvre se calme un peu mais on se gardera bien de parler d'une séance positive puisque le "10 ans" rajoute 1Pt à 4,955%, le "30 ans" perd -1,5Pt à 5,35% ( 15Pts hebdo)... mais le "2 ans", le plus sensible aux anticipations monétaires de court terme s'envole de 6,7Pts vers un nouveau record annuel de 4,617% (le consensus en faveur d'un relèvement de taux par la FED le 16/09 grimpe à 80% -contre 70% la veille- après la publication du "CPI").
Le "2 ans" pulvérise ce 11 septembre son précédent record des 4,2800% du début janvier... 2025 (soit environ 20 mois) et c'est la pire marque inscrite depuis juillet 2024, avec la barre des 5% en ligne de mire (et aucun obstacle historique dans l'intervalle).
Cette semaine s'avère donc décisive pour les marchés obligataires, avec la cassure irrémédiable de supports cruciaux long terme.
Côté chiffres, le plus attendu de la semaine a été dévoilé à 14H30 par le BLS (Bureau of Labor Statistics) : l'indice des prix à la consommation aux Etats-Unis a augmenté de 0,4% après une hausse de 0,1% en juillet.
En rythme annuel, le "CPI" affiche une progression de 3,4% soit un niveau identique à celui de juillet.
Le "CPI Core" (hors alimentation et énergie), a été légèrement supérieur aux estimations avec une hausse de 0,3%, contre 0,2% attendu, mais la progression en rythme annuel s'établit à 2,4%, comme anticipé.
Ceci semble témoigner de l'absence de rebond incontrôlé de l'inflation fin août... mais depuis 10 jours, le baril a flambé de près de 20% (et le gaz "TTF" de 10%).
Avant cela, l'indice de l'essence avait déjà augmenté de 3,9% en août, comptant pour plus d'un tiers de l'augmentation mensuelle de l'indice global... puis tout s'est accéléré avec les tensions géopolitiques : cette semaine, à l'échelon national, le "sans plomb" est affiché au-delà des 5 USD/Gallon, le diesel a franchi le cap des 6 USD/Gallon, celui des 8 USD en Californie (donc plus de 2 USD/litre).
Le coût des carburants n'est certainement pas étranger à la chute de l'indice de confiance du Michigan, lequel plonge de -4Pts et atteint 47,8 en première estimation après être ressorti à 51,7 au mois d'août.
Les économistes prévoyaient de leur côté un repli bien plus limité, avec un consensus établi à 51.
Les optimistes s'accrochent au scénario d'un atterrissage en douceur de l'économie américaine avec une décrue des prix de l'énergie après les "midterm" : pas pour une raison politique (personne ne sait si Trump a raison d'annoncer l'arrêt des hostilités et la capitulation de l'Iran en novembre, beaucoup estiment qu'il se trompe) mais parce que la saison du restockage pour l'hiver touchera à sa fin.
Sauf que les stocks US sont au plus bas et il va falloir au moins 1 an pour les reconstituer sans peser sur les cours au quotidien.
Il faut désormais ajouter l'indisponibilité de l'oléoduc "Abqaiq/Yanbu" (pipeline Est Ouest trans arabique) qui a été touché par un ou plusieurs tirs de missiles Houthi au sud de Médine : ce sont 7 millions de barils/jour qui ne peuvent plus transiter de la région d'Ormuz vers les rives de la Mer Rouge.
Et un autre problème surgit, les Houthis viennent de conquérir cette semaine les dernières villes côtières contrôlées par les "forces gouvernementales", puis 2 îles situées à l'entrée du détroit de Bab El Mandeb... qui passe intégralement sous contrôle Houthi.
Si ce canal se ferme parce qu'il devient le théâtre d'un nouveau conflit, l'inflation mondiale explose, et plus seulement à cause du prix du fioul, du "gaz TTF" et du kérosène : c'est le prix de tout qui se met à grimper avec le temps et l'argent perdu pour faire le tour de l'Afrique.
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