A l'approche de la mi-séance, les dents grincent à New York : le S&P 500 cède 0,33% devant le Nasdaq (-0,48%). Le Dow Jones s'enfonce encore plus franchement et abandonne 0,85%, alors que le cours du WTI repart de l'avant après un nouvel incident dans le détroit d'Ormuz.
Le baril de WTI a retrouvé un niveau inexploré depuis le 11 mai dernier, franchissant les 103,5 USD le baril ( 1,4%). Et pour cause : Téhéran vient tout juste d'annoncer que l'Algaya, un superpétrolier qui tentait de franchir une zone interdite au sud, était entouré de flammes après avoir percuté une mine.
"La force navale du CGRI (Corps des gardiens de la révolution islamique) annonce avec fermeté que le détroit d'Ormuz est fermé et demeure sous notre contrôle intelligent", a martelé le commandement iranien via l'agence IRNA, réputée proche du pouvoir.
De son côté, le Commandement central américain (Centcom) a indiqué que le bâtiment avait été frappé par un drone iranien. Le Centre de sécurité maritime d'Oman supervise le remorquage du pétrolier depuis la région de Musandam, après l'extinction de l'incendie qui se serait déclaré dans sa salle des machines, a indiqué mardi l'organisme.
Après sept mois de conflit, aucune issue à court terme ne semble se dessiner. Contribuant à alimenter les pressions inflationnistes, le WTI a progressé de près de 80% depuis le début de l'année, une situation qui pourrait peser sur Donald Trump à l'approche des élections de mi-mandat, alors que son électorat est particulièrement sensible à la question du pouvoir d'achat.
Prudence avant la décision de la Fed
C'est justement dans l'optique de contenir l'inflation que la Fed rendra sa décision de politique monétaire demain soir, après deux jours de réunion. Une hausse de 25 pb est largement anticipée par les marchés, avec une probabilité évaluée à 92,7% selon l'outil FedWatch du CME.
"La surprise serait finalement une absence de hausse plutôt qu'une hausse. Ce rapide changement de prix de marché reflète la persistance de l'inflation, la solidité des données d'activité et du marché du travail et, de plus en plus, les implications inflationnistes d'un cours du pétrole supérieur à 100 USD", note Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.
Au-delà de cette hausse largement anticipée, les marchés s'interrogent : s'agit-il d'une hausse isolée ou plutôt du début d'un nouveau cycle de resserrement ? "Compte tenu de la résilience de l'économie américaine, une deuxième hausse pourrait s'avérer nécessaire pour accélérer le retour de l'inflation vers sa cible. Nous anticipons que celle-ci interviendrait en décembre, après les élections et en fonction de l'évolution des données et de l'actualité", poursuit le spécialiste.
Chez TwentyFour AM, Felipe Villaroel, gérant, rappelle que les récentes déclarations de Kevin Warsh laissent entrevoir une volonté marquée de restaurer la crédibilité de la Fed en matière de lutte contre l'inflation. Selon lui, cette réunion fournira aussi la première indication concrète de la manière dont cela se traduira en termes de politique monétaire.
Le secteur des "semis" tente de rebondir
Dans ce contexte, les rendements obligataires restent très tendus, avec un T-Bond à échéance de 10 ans qui se traite à 5%, un niveau qui n'avait pas été atteint depuis octobre 2023.
Sur les marchés, la tension est aussi palpable : "Mi-septembre est saisonnièrement une période de tension en Bourse, et 2026 ne fait pas exception. Septembre est d'ailleurs statistiquement le pire mois de l'année pour le S&P 500, avec une performance moyenne de -0,5% sur les vingt dernières années", rappelle Antoine Andreani, Head of Research chez XTB France.
Et ce n'est pas la dernière statistique en date qui devrait rassurer les marchés : l'activité manufacturière dans la région de New York a vu sa croissance ralentir fortement, à en croire l'indice général des conditions économiques ("Empire State"), qui a chuté de 13 points pour s'établir à 7,6 en septembre, alors que le consensus de marché ne visait qu'une baisse de cet indice à un peu moins de 15.
En revanche, le secteur des semi-conducteurs semble se reprendre après un début de semaine difficile, déclenché par des alertes de spécialistes quant à la dangerosité de l'IA. Qualcomm gagne ainsi 4,08%, devant AMD ( 2,94%), Intel ( 1,92%), Micron ( 1,48%) ou encore Nvidia ( 0,73%).
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