Dans une étude, la banque allemande a passé en revue plusieurs grands constructeurs en indiquant que "la voie vers une vision pleinement positive du secteur automobile reste semée d'embûches".
Parmi les facteurs à surveiller, les analystes évoquent la Chine, les risques géopolitiques et les pressions inflationnistes qui s'ajoutent au manque de visibilité sur les résultats, aux surcapacités persistantes et à l'intensification de la concurrence.
Ils ont toutefois observé des progrès encourageants sur plusieurs fronts importants, qui pourraient soutenir, au moins en trompe-l'oeil, la croissance des bénéfices dans les années à venir.
Berenberg cite notamment la surveillance accrue par la Chine des cycles de production automobiles rapides qui devraient apporter une plus grande rationalité au marché. En Europe, une réglementation plus pragmatique, associée à des mesures commerciales et de contenu local, pourrait apporter un soutien supplémentaire.
Trois thématiques en soutien
La banque allemande a isolé trois thèmes qui pourraient permettre au secteur de retrouver un peu de crédit aux yeux des investisseurs.
L'accélération de la dynamique produit sera soutenue par de nombreux lancements sur 2026-2028. Les observations montrent que sur cette période, les constructeurs suivis par Berenberg vont renouveler en moyenne environ 25% de leur portefeuille chaque année, contre environ 15% en moyenne au cours des dix dernières années.
Autre thématique, les risques en Chine, qui sont toujours nombreux, mais s'orientent vers plus de rationalité. Les analystes pensent que les constructeurs chinois continuent de représenter un défi de plus en plus concret pour les acteurs historiques. Dans l'Empire du Milieu, le cycle de révision à la baisse des volumes n'est pas tout à fait terminé, mais une meilleure rationalité du marché reste envisageable, notamment sur les politiques de prix dans les segments d'entrée et de milieu de gamme, ainsi qu'une surveillance réglementaire accrue des cycles de développement.
Enfin, alors que le contexte automobile traditionnel reste difficile, avec des restructurations de capacités à venir, de nouvelles opportunités ne sont pas à exclure : la défense, le refroidissement des centres de données, la gestion de l'énergie et la robotique humanoïde. Pour Berenberg, "bien qu'il s'agisse de perspectives à plus long terme peu susceptibles de résoudre entièrement le problème de surcapacité de l'industrie, ces opportunités pourraient offrir un soutien opportun en atténuant en partie l'impact sur la trésorerie des coûts de restructuration et en améliorant le sentiment du marché à l'égard d'un secteur en manque de catalyseurs positifs".
Les recommandations
La banque allemande a décidé de dégrader Stellantis d'achat à conserver, avec une cible de cours abaissée de 7,80 à 5,10 euros. Pour se justifier, elle évoque un faible levier opérationnel qui soulève des questions sur les marges, et un éventuel déstockage qui pourrait peser sur les volumes.
En revanche, le titre BMW a été relevé à l'achat, contre conserver auparavant, avec un objectif de cours fixé à 75 euros, contre 69 euros précédemment. Le groupe est fondamentalement solide et le pic d'investissement a été dépassé.
Sur Renault, Porsche et Mercedes-Benz, l'avis est inchangé à conserver avec des cibles respectives de 34, 46 et 52 euros.
Enfin, sur Volkswagen, Berenberg est toujours à l'achat en visant 100 euros, grâce aux progrès sous-jacents continus de la marque coeur, d'une solide dynamique produit et d'une stratégie "local for local" sous-estimée en Chine.
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