Sociétés

Lindt abaisse ses prévisions pour 2026, le titre décroche

Publié le 29 septembre 2026 à 10h42

Le chocolatier suisse Lindt & Sprüngli a pris de court les investisseurs mardi en abaissant sa prévision de croissance organique pour 2026 du fait de la récente flambée des coûts du cacao et d'un environnement jugé peu porteur en Europe, une annonce qui conduisait son titre à accuser le repli le plus marqué de l'indice STOXX Europe 600.

Le fabricant du Chocoletti et des Pyrénéens a indiqué ce matin qu'il prévoyait désormais une croissance organique de ses ventes comprise entre 0% et 2% cette année, contre une prévision précédente allant de 4% à 6%.

Le confiseur a expliqué cette révision à la baisse par la nécessité de relever ses prix de vente suite à la récente flambée des cours du cacao, une décision qui pénalise ses ventes en Europe, où les consommateurs, très touchés par les pressions inflationnistes, tentent de maîtriser leur budget.

En Amérique et en Asie, les performances demeurent, elles, robustes, assure-t-il dans un communiqué.

Le second semestre est pourtant traditionnellement une période porteuse pour le chocolatier suisse, en raison notamment des commandes pour les fêtes de fin d'année.

Plusieurs facteurs en cause

Sur les six premiers mois de l'année, le groupe basé à Kilchberg, au sud de Zurich, avait affiché une croissance organique de 4,3%, en dessous de l'objectif de 4,8% qui avait été fixé par le consensus.

"Les nouveaux objectifs laissent entrevoir une variation organique de -2,8% à 0,5% sur le second semestre, alors que nous prévoyions 3,1% et que le consensus visait 3,6%, ce qui témoigne d'une vive détérioration de la demande", soulignent les analystes de Jefferies.

Positionné sur le segment haut de gamme du marché, Lindt fait très clairement les frais des arbitrages opérés par les consommateurs, alors que leur pouvoir d'achat est attaqué par la persistance de l'inflation.

L'entreprise dit avoir également pâti des températures caniculaires ayant sévi cet été en Europe.

Si le facteur n'est pas mentionné dans son communiqué, il n'est pas impossible que la société pâtisse aussi d'un moindre appétit des consommateurs pour les en-cas gras et sucrés, au profit de produits jugés plus sains comme les barres protéinées.

Les espoirs se tournent vers 2027

"Nous pensons que toute l'attention va maintenant se porter sur l'exercice 2027, pour lequel l'équipe de direction dit attendre un retour de la croissance au niveau des volumes", indiquent les équipes de Jefferies.

Le groupe explique en effet miser sur les récents investissements marketing consentis dans sa marque, sur le lancement de nouveaux produits, sur un ajustement de sa stratégie en termes de prix, sur des réductions de coûts et sur le repli des prix du cacao pour relancer son activité.

"Nous jugeons quand même que le consensus de marché pour 2027 reste encore trop optimiste", prévient-on chez Jefferies.

Le groupe a en revanche maintenu sa prévision d'une croissance organique de 6% à 8% sur le moyen-long terme assortie d'une amélioration de sa marge opérationnelle (Ebit) de 20 à 40 points de base chaque année à partir de 2028.

Vers 10h20, le cours de l'action ordinaire décrochait de 6,7% à 83 300 francs suisses tandis que le titre de participation lâchait 6,9% à 7 955 francs. Leurs pertes sur l'année se montent à respectivement 28% et 31%.

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