Wall Street a ouvert en hausse vendredi, soutenue par quelques rachats à bon compte après la volatilité des dernières séances et la publication d'une statistique inférieure aux attentes, qui laisse espérer que la Réserve fédérale patientera un peu avant de relever à nouveau ses taux.
En fin de matinée, le Dow Jones gagne 0,5% à 51 496,3 points, le S&P 500 prend 0,5% à 7 800,4 points, tandis que le Nasdaq Composite s'octroie 0,5% à 27 306,8 points.
Sur l'ensemble de la semaine, le Dow grignote pour l'instant autour de 0,4% tandis que le S&P s'adjuge environ 0,9%. Le Nasdaq Composite, qui avait surperformé ses deux homologues ces six dernières semaines, rentre dans le rang après ses records atteints en début de semaine pour n'afficher qu'un gain hebdomadaire de l'ordre de 0,5%.
Après une semaine indécise où les indices ont principalement suivi l'évolution des cours du pétrole et des rendements obligataires, le sentiment de marché s'est légèrement amélioré aujourd'hui grâce à un petit repli du prix de l'or noir.
Les intervenants saluent des déclarations du président américain Donald Trump, qui a assuré sur son réseau social Truth qu'il n'attaquerait pas l'Iran avant les élections de mi-mandat programmées le 3 novembre.
Sur le NYMEX, le contrat sur le baril de brut léger américain (WTI) livraison novembre recule dans la foulée de 0,2% à 91,3 dollars. Il grappille cependant encore plus de 0,2% cette semaine.
Depuis maintenant deux mois, les fluctuations des cours du brut restent le principal facteur d'influence sur Wall Street, leur hausse quasi continue suscitant des inquiétudes à la fois sur la persistance des tensions inflationnistes et sur la poursuite du resserrement monétaire de la Fed.
Au-delà de l'élan fourni par le recul du pétrole, le marché a été rassuré par un indicateur économique moins bon que prévu, qui pourrait conduire la banque centrale à lever le pied dans ses hausses de taux.
Seule statistique au programme ce vendredi, l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'Université du Michigan est ressorti à 46,3 contre 47,5 attendu après 48,1 le mois précédent.
La statistique a redonné un peu de baume au coeur des investisseurs en confortant les anticipations d'une hausse de taux à horizon du mois de décembre.
A en croire le baromètre FedWatch de l'opérateur boursier CME Group, qui se fonde sur les prix des contrats à terme, les traders estiment toujours à plus de 80% d'un statu quo à l'issue de la réunion prévue à la fin du mois.
Attentisme avant la saison des résultats
Cela n'a pas empêché les Treasuries d'effacer leurs gains de la veille, le rendement à dix ans remontant de cinq points de base à 5,28%. Pour mémoire, ce taux de référence avait atteint un plafond de près de 24 ans à 5,35% mercredi.
La chasse aux bonnes affaires soutient également la cote, mais sans grande conviction. En l'absence de catalyseurs majeurs, les investisseurs ont été sensibles aux valorisations et rachètent des secteurs qui avaient baissé ces dernières semaines.
Neuf des 11 grands indices sectoriels S&P 500 s'inscrivent en hausse avec en tête les valeurs de la santé ( 1,2%), de la consommation non essentielle ( 1,1%), de l'immobilier ( 1%) et des matières premières ( 0,8%), tous victimes de nets dégagements sur le mois écoulé.
Deuxième plus forte hausse du S&P 500, Humana grimpe de 11% après avoir obtenu d'excellentes notes de qualité pour ses offres de santé liées à Medicare, ce qui lui assure d'importantes primes financières de l'État américain, des aides qui pourraient rapporter plus de 45 dollars de profit supplémentaire par action d'ici 2028, selon les estimations des analystes.
A la baisse, T-Mobile (-11%) et AT&T (-7%) pâtissent des inquiétudes entourant le secteur des télécommunications après l'annonce d'un accord conclu par SpaceX afin d'acquérir des licences de fréquences mobiles aux Etats-Unis, une opération qui pourrait permettre à Starlink Mobile de devenir un opérateur mobile à part entière, plutôt que de se limiter à fournir une connectivité satellitaire aux opérateurs existants.
En vedette également, Delta Air Lines perd quasiment 2% après avoir fait état d'une légère progression de son bénéfice net ajusté au troisième trimestre, ce qui n'empêche pas la compagnie aérienne de rester lourdement impactée par la récente flambée des coûts du carburant.
D'humeur attentiste, le marché préfère visiblement se mettre en mode pause en attendant que la saison des résultats, qui débutera la semaine prochaine, lui donne une orientation.
Au vu du récent cycle de révision à la hausse des prévisions des analystes, les observateurs attendent des publications solides, mais avec des perspectives qui pourraient être un peu plus mitigées.
"Les entreprises exposées à l'IA devraient confirmer la bonne dynamique enregistrée au deuxième trimestre, ce qui est déjà bien anticipé par le marché", indiquent les équipes de Citi.
"En revanche, le reste des entreprises, plus sensibles à l'économie traditionnelle, risque de se montrer plus prudentes face à l'envolée du pétrole, à l'inflation et aux taux d'intérêt élevés", prévient la banque d'affaires.
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