Les marchés américains ont nettement cédé du terrain mercredi, rattrapés par une inflation plus tenace que prévu en septembre et des interrogations grandissantes sur le financement des investissements dans l'intelligence artificielle. La publication de l'IPC a notamment ravivé les anticipations d'une nouvelle hausse des taux de la Fed, accentuant la pression sur les valeurs les plus sensibles aux taux d'intérêt. Dans ce contexte, le S&P 500 a reculé de 1,11% à 7 718,9 points et le Nasdaq 100 a chuté de 2,02% à 29 950,8 points, tandis que le Dow Jones a mieux résisté, limitant son repli à 0,09%, à 51 621,5 points.
L'inflation américaine a accéléré à 3,7% sur un an en septembre, contre 3,6% attendus, atteignant son plus haut niveau depuis quatre mois. Les prix ont augmenté de 0,6% sur un mois, notamment sous l'effet d'une flambée de 9,1% des prix de l'essence, mais les tensions semblent plus généralisées puisque l'inflation sous-jacente dépasse elle aussi les prévisions, à 2,6% sur un an contre 2,5% anticipés.
Cette mauvaise surprise a immédiatement fait réagir le marché obligataire, où le rendement des Treasuries à 10 ans a temporairement bondi de 10 points de base pour atteindre 5,3% pour finalement terminer à l'équilibre. Les opérateurs attribuent maintenant près de 50% de probabilité à une nouvelle hausse des taux de la Fed fin octobre, alors que ce scénario avait perdu du terrain après le décevant rapport sur l'emploi publié au début du mois.
La remontée des coûts d'emprunt a pesé sur les petites capitalisations, les valeurs traditionnellement sensibles aux taux, tout en ravivant les inquiétudes concernant le financement des infrastructures d'IA, dont le développement nécessite des capitaux considérables. CoreWeave s'est effondrée d'environ 15% après que Bloomberg a révélé que ses obligations non garanties à échéance 2032 se négociaient désormais à des niveaux généralement associés à une dette en difficulté, avec un rendement supérieur à 15%. La défiance s'est étendue à d'autres acteurs de l'écosystème, notamment Oracle (-9%), Nebius (-10%) et Dell (-12%), ce dernier étant également pénalisé par un abaissement de recommandation de Barclays.
Les semi-conducteurs ne sont pas épargnés, l'indice SOX de Philadelphie abandonnant encore 4,3%, ce qui porte sa correction à près de 12% sur les six dernières séances. Les poids lourds du secteur accusent le coup, notamment AMD (-6%), Nvidia (-3%) et Micron (-4%), tandis que Lumentum (-9%) et Marvell Technology (-9%) enregistrent des pertes encore plus marquées.
Les premières publications bancaires n'ont pas davantage réussi à rassurer les investisseurs. Bank of America dévisse de près de 5% après avoir manqué les attentes sur ses bénéfices, pénalisés notamment par une charge de 1,2 MdUSD liée à la lutte contre le blanchiment d'argent et des revenus de trading décevants. Morgan Stanley lâche pour sa part environ 3% malgré des comptes supérieurs aux prévisions, alors que BlackRock parvient à mieux résister après ses résultats.
Face à cette vague de ventes, les investisseurs se replient sur les compartiments défensifs, permettant à la santé ( 2,4%) et aux biens de consommation courante ( 2,0%) de terminer en tête du S&P 500, à contre-courant de la technologie (-2,4%). L'énergie ( 0,7%) tire également son épingle du jeu grâce à un WTI en hausse d'environ 1%, autour de 95 USD le baril.
La prochaine échéance macroéconomique sera la publication jeudi des prix à la production (IPP) aux États-Unis, avant que les premières grandes entreprises technologiques, dont Netflix, Tesla et Intel, ne dévoilent leurs résultats trimestriels la semaine prochaine.
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