Solvay trébuche lourdement à la Bourse de Bruxelles (-6,35%, à 23,32 euros) après avoir publié ses résultats préliminaires du troisième trimestre et lancé un avertissement sur ses résultats annuels. Plusieurs analystes réagissent à cette publication et s'inquiètent notamment pour le dividende.
Sur le troisième trimestre, le chimiste belge a constaté une dégradation de l'environnement de marché et un impact direct du conflit au Moyen-Orient.
Entre juillet et septembre, Solvay a enregistré un chiffre d'affaires sous-jacent de 1,03 milliard d'euros, un Ebitda sous-jacent de 173 millions d'euros et un flux de trésorerie disponible attribuable aux actionnaires pour les activités poursuivies de 54 millions d'euros.
Le groupe a indiqué que le conflit au Moyen-Orient a pesé à hauteur d'environ 25 millions d'euros sur l'Ebitda sous-jacent, après déjà 20 millions d'euros au deuxième trimestre. Cette détérioration provient principalement de la mise à l'arrêt prolongée de l'usine de peroxyde sur le complexe de Sadara, à Jubail en Arabie saoudite, responsable à elle seule d'un impact de près de -15 millions d'euros sur la période.
Face à ces événements et sans intégrer d'éventuels revenus ou mesures de recouvrement concernant Sadara d'ici la fin de l'année, Solvay a ajusté ses perspectives pour l'ensemble de l'exercice 2026. L'Ebitda sous-jacent est désormais attendu entre 720 et 740 millions d'euros, contre de 770 à 850 millions d'euros précédemment. En parallèle, le flux de trésorerie disponible, initialement prévu à au moins 200 millions d'euros, devrait finalement s'installer entre 120 et 150 millions d'euros.
L'avis des analystes
Pour Jefferies, la fourchette basse de ces nouvelles prévisions implique un Ebitda de 141 millions d'euros au quatrième trimestre, soit 23% de moins que le consensus Visible Alpha. En excluant un nouvel impact négatif de 15 millions d'euros sur les trois derniers mois de l'année lié à l'usine de peroxyde, cela implique une révision à la baisse d'environ 14% pour le seul quatrième trimestre. Jefferies reste à sous-performance sur le titre, avec une cible de 20 euros.
Chez KBC Securities, les analystes ont révisé à la baisse leur prévision d'Ebitda sous-jacent de 7%, à 729 millions d'euros, pour l'ensemble de l'exercice, ce qui se situe autour du point médian de la nouvelle fourchette d'objectifs. En outre, ils remettent en cause la politique de dividende "très généreuse", stable ou en hausse sur la base de 2,43 euros, ce qui nécessite environ 255 millions d'euros par an, à comparer aux prévisions de flux de trésorerie disponible pour l'exercice comprises entre 120 et 150 millions d'euros. KBC cite également des conditions de marché difficiles pour le carbonate de soude, la plus grande activité du groupe, et la dégradation progressive du bilan. Ces deux éléments incitent à la prudence. Partant, la recommandation reste à conserver, et l'objectif de cours est abaissé de 27 à 23 euros.
Enfin, ING s'inquiète également pour le dividende au vu des prévisions de flux de trésorerie disponible. La banque néerlandaise reste à conserver, avec une cible de 26 euros.
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