Moeve et Galp Energia (groupe pétrolier et gazier portugais) ne sont pas parvenues à un accord définitif répondant à leurs critères respectifs pour sceller un partenariat durable et créateur de valeur. Par conséquent, le titre de Galp dévisse de près de 10% ce lundi matin, affichant le plus fort repli de l'indice PSI 20 à la Bourse de Lisbonne. Le marché sanctionne ainsi l'abandon de ce rapprochement stratégique, reléguant au second plan des performances trimestrielles pourtant bien orientées et et des objectifs annuels relevés.
Une rupture inattendue après des mois de négociations
Dans une note publiée ce matin, Jefferies souligne que "Galp n'a trouvé aucun accord concernant l'éventuelle fusion de ses activités aval avec Moeve, un projet dévoilé le 8 janvier dernier et qui avait alors été bien accueilli par les marchés." Depuis, le calendrier avait subi plusieurs reports, l'annonce étant d'abord repoussée de "mi-2026" à "fin 2026". L'entreprise portugaise avait pourtant constamment affirmé qu'un alignement commercial existait et que ces délais étaient uniquement liés aux vérifications d'usage (due diligence).
Ce désaccord met un terme aux ambitions communes avec un partenaire industriel de premier plan. Acteur majeur de l'énergie dans la péninsule ibérique, Moeve s'appuie en effet sur de solides capacités de raffinage et sur le deuxième réseau de stations-service d'Espagne, constituant ainsi un tremplin stratégique pour son développement dans les molécules vertes et la mobilité durable. L'entreprise reste pleinement mobilisée sur le déploiement de sa stratégie Positive Motion, qui vise à en faire un leader européen de ces secteurs d'ici 2030.
Ces derniers mois, Moeve a lancé la construction du plus grand projet européen d'hydrogène vert destiné à la production d'énergie industrielle, avec une capacité initiale de 300 MW et un investissement supérieur à un milliard d'euros. Elle achève également la réalisation du plus important complexe de biocarburants de deuxième génération (2G) d'Europe du Sud, un investissement de 1,2 MdEUR dont la mise en service est prévue pour 2027. Le groupe espagnol a d'ores et déjà cédé plus de 70% de ses actifs d'exploration et de production pétrolières (E&P) et consacre désormais les deux tiers de ses dépenses d'investissement à des projets de transition énergétique industrielle.
Des résultats opérationnels qui dépassent les attentes
Si l'abandon de cette opération d'envergure pèse lourdement sur la séance boursière, Galp Energia se montre rassurée par sa solide santé opérationnelle. Le géant pétrolier portugais a publié de robustes résultats au 3e trimestre ce matin, en dépit des cours des matières premières volatils et des risques géopolitiques persistants et des tensions sur les chaînes de valeur énergétiques mondiales.
Dépassant de 3% le consensus (1,471 MdEUR), l'EBITDA RCA (ajusté du coût de remplacement) a atteint 1,522 milliards d'euros, soit un bond de 67% sur un an. Sur cette période, le résultat net RCA s'élève à 682 MEUR, soit une hausse de 68% en glissement annuel, devançant de 7% le consensus compilé par l'entreprise (638 MEUR).
De son côté, le flux de trésorerie d'exploitation ajusté (OCF) de Galp ressort à 1,223 MdEUR, en hausse de 63% en rythme annuel, traduisant la solide performance opérationnelle sur la période.
Relèvement des perspectives 2026 mais statu quo sur le dividende
Fort de cette trajectoire opérationnelle favorable, le géant portugais aborde la fin de l'exercice avec confiance. Il relève ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2026. Selon Jefferies, "le point clé réside dans les perspectives solides pour la marge de raffinage au 4e trimestre, attendue sur les mêmes niveaux très élevés du 3e trimestre."
L'objectif d'EBITDA RCA est attendu désormais à environ 5 MdsEUR contre environ 4 MdsEUR auparavant tandis que l'OCF (Operating Cash Flow = Flux de trésorerie d'exploitation) est anticipé à 3,9 MdsEUR contre environ 3 MdsEUR précédemment. Ce relèvement des prévisions repose sur une hypothèse de marge de raffinage sur l'exercice 2026 réévaluée à 25 USD/baril contre 13 USD/baril (impliquant un niveau d'environ 34 USD le baril sur le seul quatrième trimestre). De plus, l'hypothèse de cours du Brent pour 2026 a été relevée à 90 USD/bbl contre 80 USD/baril auparavant. Les investissements organiques demeurent quant à eux inchangés à environ 1 MdEUR.
En outre, aucune précision n'a été apportée concernant une éventuelle revalorisation des distributions aux actionnaires.
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