Marchés

OAT, on se détend (un peu)

Publié le 26 octobre 2026 à 12h14

Le gros coup de stress du marché obligataire français s'est atténué ces derniers jours, avec une dette à 10 ans dont le rendement est repassé sous la barre symbolique de 5% lundi matin. Vendredi, l'agence de notation Moody's a choisi de ne pas abaisser la notation souveraine hexagonale.

Les vigies obligataires ont légèrement desserré leur étreinte sur la dette française au cours des 72 dernières heures. Le rendement de l'OAT à 10 ans est passé de 5,15% jeudi dernier à 4,95% ce matin, ce qui constitue un repli significatif. Toutefois, l'écart avec la dette allemande reste extrêmement élevé, autour de 160 points de base.

Sous les pavés, la dette

Deux éléments ont joué en faveur de l'OAT depuis la fin de la semaine dernière. Primo, l'agence Moody's a laissé inchangée la notation souveraine de la France, dans une décision très attendue rendue vendredi. Secundo, les manifestations qui ont eu lieu samedi dans l'Hexagone n'ont pas été ponctuées de scènes de chaos aussi marquées que celles de la semaine précédente, même si la mobilisation est restée forte.

Pour autant, le contexte budgétaire reste sous surveillance étroite. Les investisseurs attendent des signaux clairs sur la trajectoire des finances publiques françaises.

Moody's a finalement maintenu la note de la France à Aa3, avec une perspective négative, à l'issue de son examen périodique. L'agence reste plus généreuse que ses trois concurrentes S&P, Fitch et Scope, qui notent la France "A " (la note Aa3 de Moody's correspond à "AA-"). Moody's n'attend pas pour autant d'embellie. Elle prévoit un déficit public de 5,4% du PIB en 2026, puis de 5,2% en 2027, contre 5% visés par le gouvernement. La dette devrait dépasser 120% du PIB en 2027 et continuer à augmenter jusqu'à la fin de la décennie.

Le principal danger vient de la hausse du coût de financement de la dette française. Le rendement des obligations d'Etat à dix ans a progressé de 1,5 point de pourcentage depuis le début de l'année, dont plus de la moitié s'explique par un creusement de l'écart avec l'Allemagne. L'effet sur les finances publiques reste progressif, car la dette française arrive en moyenne à échéance dans 8,5 ans. Mais Moody's prévient : si les blocages politiques empêchent de réduire durablement les déficits, ou si les réformes structurelles, notamment celle des retraites, sont remises en cause, la note pourrait être abaissée. C'est ce qu'illustre la perspective négative.

Détente relative ailleurs aussi

Le BTP italien a également souffert, avec un rendement en hausse de 11 pb à 4,54% et un spread BTP-Bund qui s'élargit de 16 pb à 117 pb. La contagion périphérique illustre une aversion au risque souverain européen plus large, même si l'ampleur du mouvement reste inférieure à celle observée sur l'OAT. Le Gilt britannique, lui, résiste mieux avec un rendement à 5,47% en repli de 5 points, les investisseurs londoniens se concentrant sur le budget gouvernemental attendu mercredi.

Outre-Atlantique, la courbe américaine s'est aplatie, avec des taux longs en net recul. Le 10 ans américain a cédé 9 points à 4,99% et le 30 ans recule de 11 pb à 5,31%, tandis que le 2 ans ne lâche que 3 points à 4,69%. La pente 2s10s se resserre ainsi de 7 pb à 30 pb.

Les trois principales banques centrales mondiales se prononceront sur leurs taux cette semaine. La Fed, la BCE et la BoJ devraient laisser leurs taux inchangés.

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