Marchés

La tech reprend la main, Paris suit le mouvement

Publié le 27 octobre 2026 à 17h48

L'indice parisien poursuit sur sa lancée : après s'être adjugé 0,8% hier, le CAC 40 achève la séance sur un gain de 0,51%, à 7 887 points, ce qui lui permet de s'approcher sérieusement du seuil symbolique des 7 900 points. Outre-Rhin, le DAX 40 n'est pas en reste et s'adjuge même 0,77%, tiré par le rebond des valeurs technologiques. En revanche, Londres fait grise mine et recule de 0,76%, plombée par HSBC qui abandonne 5,89% après des résultats qui n'ont convaincu personne.

Le balancier est arrivé en bout de course et repart dans l'autre sens : délaissé pendant plusieurs semaines, le secteur des semi-conducteurs a été massivement réinvesti par les intervenants : à Paris, STMicro s'envole de 7,06%, suivi de près par Schneider Electric ( 2,97%) et Legrand ( 2,46%). Ailleurs en Europe, Siemens Energy et Infineon (respectivement 4,42% et 4,86%) portent le DAX. Sans oublier BESI ( 11,41%), ASM International ( 5%) ou encore ASML ( 2,8%) à Amsterdam.

Ce mouvement semble avoir été engendré par une annonce de Meta, qui a fait part de son intention de réunir pas moins de 95 milliards de dollars pour financer ses besoins en puissance de calcul. Si les fabricants de puces vont, eux aussi, mettre la main à la poche, "les chiffres d'Anthropic montrent qu'une partie de ces investissements en capital génère bel et bien des revenus", note-t-on chez AlphaValue.

Au-delà du rebond technologique, les marchés européens trouvent également un peu de répit du côté des obligations souveraines, où le rendement de l'OAT à 10 ans évolue à 4,90% (stable), tandis que le Bund de même échéance s'établit à 3,33%, soit un spread de 157 pb.

Taux et banques centrales sous surveillance

Les taux restent néanmoins à des niveaux historiquement élevés, continuant de peser sur les conditions de financement des entreprises. Dans ce contexte, les analystes d'Allianz Trade estiment qu'en Europe de l'Ouest, les défaillances d'entreprises devraient rester durablement supérieures à leurs niveaux d'avant la pandémie. En France, principal contributeur européen en volume, elles pourraient atteindre un record d'environ 71 000 en 2026 ( 3%), sous l'effet d'un environnement économique toujours difficile pour les entreprises les plus fragiles, mais aussi du dynamisme des créations d'entreprises ces dernières années.

Dans ces conditions, les décisions de politique monétaire de la Fed (attendues mercredi) puis de la BCE (jeudi) seront particulièrement scrutées, même si le statu quo est largement anticipé par les marchés. Comme souvent, les intervenants tenteront de lire entre les lignes des discours de Warsh et Lagarde pour en apprendre davantage sur la stratégie des deux institutions.

En amont de la décision de la Fed, Christophe Boucher, Directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions, estime que "la principale question porte sur le nombre de hausses de taux qui suivront. Nous en anticipons deux supplémentaires au cours des six prochains mois, suivies d'une longue pause. Des baisses de taux pourraient intervenir fin 2027 ou début 2028".

Enfin, les marchés profitent aussi d'une légère détente des cours du pétrole, avec un Brent à 114 USD le baril (-1%) et un WTI à 100 USD (-1,4%).

L'actualité des valeurs

Orange (stable) a dévoilé des résultats financiers en nette progression au titre du troisième trimestre 2026. Le chiffre d'affaires ressort à 12,2 milliards d'euros, en hausse de 3,6%, porté par l'ensemble de ses zones géographiques ainsi que par une progression de 3,3% des services de détail.

De son côté, Société Générale ( 1,22%) indique s'être vu notifier par la BCE son exigence de capital au titre du pilier 2 (P2R - pilier 2 obligatoire), applicable à compter du 1er janvier 2027. Celle-ci s'établit à 2,37%, dont au minimum 1,39% sous forme de CET1.

TotalEnergies (-1%) empoche pour sa part 800 millions de dollars après la finalisation de la cession de sa participation non opérée de 10% dans les licences de la joint-venture Renaissance au Nigeria.

En revanche, Exosens recule de 4,78% malgré une hausse de 23,5% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre 2026. Les marchés sanctionnent une rentabilité en berne, avec un taux de marge ramené de 51,2% à 50,4%.

Ailleurs en Europe, HSBC (-5,89%) dévoile un bénéfice trimestriel avant impôts en croissance de 32%, à 9,6 milliards de dollars, mais les revenus déçoivent, plombés par le ralentissement de la gestion de patrimoine.

Porsche AG ( 3,77%) a enregistré un chiffre d'affaires de 25,28 milliards d'euros sur neuf mois, en repli de 5,9% par rapport aux 26,86 MdsEUR de la même période en 2025. De son côté, Mercedes s'affiche en net repli à la Bourse de Francfort (-3,53%) après avoir abaissé certains de ses objectifs financiers annuels, invoquant un environnement de marché de plus en plus difficile en Chine et des charges en hausse au quatrième trimestre.

Enfin, Rheinmetall abandonne 0,87%, pénalisé par une note de Deutsche Bank qui abaisse sa cible de cours de 1 800 à 1 650 EUR sur le titre. L'analyste estime que le groupe fait face à un dilemme : une réduction des objectifs à horizon 2030 risquerait d'entraîner des révisions bénéficiaires négatives, tandis que leur maintien pourrait être jugé trop ambitieux par le marché.

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