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Tournant à plein régime au 3e trimestre, bp accélère son désendettement

Publié le 30 octobre 2026 à 12h14

bp progresse légèrement de 0,29% à 626,05 pence au sein du FTSE 100 à la Bourse de Londres après la publication de résultats au 3e trimestre de bonne facture, portés par un contexte énergétique porteur. Entre l'envolée des marges de raffinage, la vigueur du négoce (trading) de gaz et une réduction spectaculaire de son endettement, le géant pétrolier a signé une performance dépassant nettement les prévisions des analystes.

Des résultats financiers nettement supérieurs aux attentes

Sur ce trimestre, bp a dégagé un bénéfice ajusté (au coût de remplacement) de 8,46 milliards de dollars contre 5,73 MdsUSD au trimestre précédent et 2,21 MdsUSD un an plus tôt. Ce résultat dépasse de 15% le consensus de marché.

Cette envolée s'explique à la fois par la performance opérationnelle et par un coup de pouce fiscal : le taux effectif d'imposition sous-jacent est tombé à 28% (contre 34% au 2e trimestre), en raison d'une répartition géographique des bénéfices plus avantageuse. De son côté, UBS souligne que le bénéfice d'exploitation ajusté ressort à 13,4 MdsUSD, soit 10% au-dessus des prévisions.

En outre, le bénéfice net publié s'établit à 4,70 MdsUSD (contre 1,16 MdUSD un an plus tôt). L'écart avec le bénéfice ajusté provient d'éléments exceptionnels, au premier rang desquels figurent d'importantes dépréciations d'actifs.

Le raffinage et le négoce tirent la performance industrielle

Si les résultats atteignent ce niveau, bp le doit d'abord à l'excellente tenue de ses marges de raffinage et de négoce.

Cette surperformance opérationnelle découle directement de la hausse des cours et des perturbations sur l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, qui ont fait bondir la rentabilité des raffineurs. L'indicateur de marge de raffinage de BP a atteint 46,7 USD par baril, contre 29,6 USD au 2e trimestre et 15,8 USD un an plus tôt.

Concrètement, le groupe a gagné beaucoup plus d'argent en transformant le pétrole brut en carburants (essence et diesel) : la division "Clients & Produits" (pôle qui réunit les activités de raffinage industriel de bp et son réseau de distribution au détail : stations-service, boutiques de proximité, lubrifiants et bornes électriques) affiche ainsi un résultat ajusté de 6,9 MdsUSD, contre 5 MdsUSD au trimestre précédent.

Dans le même temps, le négoce de gaz (opération de trading et d'arbitrage) a également contribué à cette hausse : les activités gazières et bas-carbone ont généré un résultat opérationnel ajusté de 3,2 MdsUSD, contre 2,1 MdsUSD au 2e trimestre.

Sur le plan opérationnel, l'outil de production a tourné à plein régime. La production d'hydrocarbures reste stable à 2,2 millions de barils équivalent pétrole par jour. La disponibilité des raffineries progresse à 96,5%, contre 94,7% au trimestre précédent.

Une génération de cash record au service du désendettement

Cette efficacité opérationnelle s'est traduite par d'abondantes rentrées d'argent, permettant à bp d'assainir rapidement son bilan.

La véritable surprise du trimestre réside dans sa trésorerie. Le géant énergétique mondial a généré un flux de trésorerie d'exploitation (CFFO) de 14,83 MdsUSD (contre 10,86 MdsUSD au 2e trimestre), incluant une libération de besoin en fonds de roulement de 0,5 MdUSD. Comme le note Citi, "la hausse des bénéfices s'est intégralement répercutée dans les caisses : hors variation du BFR, BP enregistre tout simplement le flux de trésorerie trimestriel le plus élevé de son histoire."

Cette manne financière a permis de faire chuter la dette nette de 22,25 à 13,87 MdsUSD, soit une réduction spectaculaire de 8,4 MdsUSD en seulement trois mois (soit un repli de 25%). "Ce désendettement a été à peine freiné par le rachat de titres hybrides perpétuels pour [montant] MdUSD", explique bp.

Citi estime que cette dynamique va se poursuivre au 4e trimestre, soutenue par le produit de la cession des lubrifiants (Castrol) : le ratio dette nette sur CFFO devrait retomber entre 0,3x et 0,4x d'ici la fin de l'exercice, réalignant BP sur la solidité financière de ses grands concurrents.

En parallèle, le groupe assainit son portefeuille : il a comptabilisé 4 MdsUSD de dépréciations nettes après impôts, principalement dans la transition énergétique. Ces charges purement comptables traduisent une révision à la baisse de la valeur de certains investissements passés.

Discipline stratégique et prudence pour le 4e trimestre

Fort de ce bilan allégé, l'état-major de bp entend maintenir le cap tout en anticipant une fin d'année plus mesurée.

Sous la houlette de sa directrice générale Meg O'Neill, la priorité absolue reste la consolidation du bilan et la simplification du portefeuille par des cessions ciblées. Les excédents de liquidités doivent également servir à solder définitivement les engagements financiers liés à la marée noire de Deepwater Horizon (c'est la pire marée noire accidentelle de l'histoire pétrolière en mer, survenue le 20 avril 2010 dans le golfe du Mexique, au large des côtes de la Louisiane aux Etats-Unis). L'objectif affiché est d'assurer un bilan suffisamment solide pour pérenniser les dividendes à travers tous les cycles de prix.

Pour le 4e trimestre, les perspectives incitent toutefois à davantage de modération :

- Production amont : UBS rappelle que BP prévoit un repli séquentiel de sa production entre 2 090 et 2 230 milliers de bep/j, sous l'effet des perturbations au Moyen-Orient, d'un calendrier de forage allégé chez BPX Energy (filiale américaine de bp spécialisée dans l'exploration et la production d'hydrocarbures non conventionnels à terre, principalement le pétrole et le gaz de schiste) et d'un aléa météo potentiel de 20 milliers de bep/j dans le golfe du Mexique.

- Raffinage : Le débit traité devrait reculer entre 1 160 et 1 210 milliers de bep/j, conséquence de la finalisation de la vente de la raffinerie allemande de Gelsenkirchen et d'arrêts de maintenance programmés.

- Activités commerciales : Le segment Clients subira le ralentissement saisonnier habituel des volumes. Le groupe prévoit un résultat d'intermédiation (midstream) en repli et des bénéfices moindres pour Castrol, sous réserve de la finalisation effective de sa cession.

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