Le groupe de défense a enregistré une forte progression de son activité et de sa rentabilité sur les neuf premiers mois de 2026, soutenue par la demande européenne en équipements militaires. Son carnet de commandes atteint un niveau record de 10,4 MdsEUR. Peu après midi, le titre évoluait sans entrain à Francfort, autour des 81,8 euros ( 0,5%). Si les analystes sont majoritairement positionnés à l'achat, mwb research se distingue avec une recommandation à la vente.
Au cours des 9 premiers mois de 2026, Hensoldt a enregistré une hausse de 33% de son EBITDA ajusté, à 281 millions d'euros, avec une marge d'EBITDA ajustée passée de 13,7% à 15,1%. L'EBIT ajusté a aussi progressé de 45,4%, à 177 MEUR, tandis que sa marge est passée de 7,9% à 9,5%.
De con côté, le chiffre d'affaires a augmenté de 21,3%, à 1,86 MdEUR. Dans le détail, la division Capteurs a progressé de 15,5%, à 1 522 MEUR tandis que la division Optronique s'est montrée particulièrement dynamique, avec une hausse de 52,4% de son chiffre d'affaires, à 354 MEUR.
Le flux de trésorerie disponible ajusté est resté négatif, à -104 MEUR, contre -119 MEUR un an auparavant, soit une amélioration de 15 MEUR. Au seul troisième trimestre, il est ressorti positif à 32 MEUR.
Les prises de commandes ont bondi de 76,7%, à 3,56 MdsEUR, portées notamment par les programmes Eurofighter, Schakal et Puma. Le carnet de commandes a ainsi atteint un record de 10,37 MdsEUR, faisant passer le ratio commandes/facturation de 1,3 à 1,9.
"Les niveaux structurellement élevés des dépenses de défense en Allemagne et en Europe continuent de remplir nos carnets de commandes", a souligné Oliver Dörre, le directeur général, ajoutant que les investissements du groupe dans ses capacités de production lui permettent désormais de produire et de livrer davantage.
Fort de ces performances, Hensoldt relève ses prévisions pour 2026. Le groupe vise désormais un chiffre d'affaires d'environ 2,8 MdsEUR, contre 2,75 MdsEUR précédemment, et une marge d'EBITDA ajustée d'environ 19%, contre une fourchette antérieure de 18,5% à 19%. Le ratio commandes/facturation est attendu dans la partie haute de la fourchette initiale de 1,5 à 2, voire à environ 2,3 si le contrat PEGASUS était attribué avant la fin de l'année. L'objectif de conversion en trésorerie ajustée, d'environ 50% de l'EBITDA ajusté, est confirmé, tout comme les objectifs à moyen terme.
L'avis des analystes
Les analystes financiers accueillent favorablement les résultats trimestriels du groupe, mais s'interrogent aussi quant à la capacité du groupe à maintenir durablement sa croissance et ses marges. Globalement, le relèvement des prévisions annuelles est jugé relativement prudent puisque les nouveaux objectifs correspondent dans l'ensemble au consensus.
Concrètement, Citi et Jefferies, tous deux à l'achat, figurent parmi les plus optimistes sur le dossier, avec des objectifs de cours respectifs de 99 EUR et 98 EUR. Les deux établissements estiment que la progression des marges et la dynamique des commandes soutiennent les perspectives du groupe.
Stifel est aussi à l'achat, avec une cible de 90 EUR. Le broker considère que la dynamique opérationnelle et le relèvement des objectifs pour 2026 confortent la thèse d'investissement. DZ Bank (également à l'achat avec une cible de 90 EUR) retient l'amélioration sensible du chiffre d'affaires et de la rentabilité, tous deux supérieurs au consensus.
Panmure Liberum (en partenariat avec Agency Partners) se montre plus réservé à court terme, avec un objectif de 79 EUR à un an, tout en anticipant une progression à 103 EUR à trois ans. Le broker souligne la nécessité de transformer le carnet de commandes en chiffre d'affaires et en bénéfices.
Enfin, à contre-courant, mwb research maintient sa recommandation à "vendre" avec un objectif de 60 EUR. Le bureau d'études juge la valorisation excessive au regard de la dépendance croissante du groupe aux programmes de véhicules blindés et des incertitudes entourant ZEBEL (un programme de soutien logistique et de fourniture de pièces détachées pour les équipements militaires allemands, auquel Hensoldt est exposé).
La journée investisseurs des 9 et 10 novembre devrait constituer un rendez-vous décisif. Le groupe devra convaincre sur la pérennité de ses marges, ses capacités industrielles et ses perspectives de croissance à moyen terme.
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