Les contrats à terme sur le S&P 500 ( 0,1%) et le Nasdaq 100 ( 1,3%) préfigurent une ouverture en hausse, un rapport sur l'emploi de bonne facture venant mettre du baume au coeur des investisseurs au lendemain d'une séance particulièrement éprouvante, sur fond d'inquiétudes concernant le secteur de l'IA.
Pour rappel, le Dow Jones a abandonné plus de 3,4%, à 51 523 points, au terme de la séance de jeudi, tandis que le S&P 500 a dévissé de près de 4,4%, à 7 354 points, et que le Nasdaq 100 a décroché de près de 6,4%, à 26 630 points, enregistrant ainsi sa pire performance journalière depuis plus de six ans.
Cette débâcle traduit clairement des dégagements massifs sur les valeurs liées aux semi-conducteurs et aux infrastructures technologiques, moteurs traditionnels de la hausse des indices boursiers, mais particulièrement malmenées depuis quelques semaines.
Les inquiétudes au sujet de l'IA sont revenues sur le devant de la scène après la large victoire des démocrates au Congrès, les investisseurs redoutant désormais que ce changement de majorité se traduise par un durcissement de la réglementation encadrant les centres de données.
Un poids excessif de l'IA dans l'économie américaine ?
Plus généralement, l'ampleur des investissements dans le secteur et le poids considérable de ceux-ci dans la croissance économique américaine suscitent des interrogations chez de nombreux observateurs.
"En 2025 et 2026, les dépenses associées à l'IA ont contribué à la croissance américaine à hauteur de près de 30%, soit environ six fois plus que leur poids actuel dans le PIB. Sur cette même période, les dépenses de construction de centres de données ont bondi de 150%", constate ainsi Oddo BHF.
"Toutes les grandeurs liées à l'IA (investissement, importations, prix) sont sur des trajectoires exponentielles", poursuit le bureau d'études, qui y voit des signes manifestes de surinvestissement. "Ce n'est pas soutenable sur le plan économique, ni d'ailleurs efficace."
"Un excès de dépenses en capital implique une mauvaise allocation des ressources. Par ailleurs, la situation actuelle constitue un risque pour la stabilité financière, tant la consommation des ménages a bénéficié dernièrement d'un fort effet de richesse", prévient-il.
Des créations d'emplois bien au-dessus des attentes en octobre
Toutefois, les chiffres phares de la séance sont de nature à rassurer les investisseurs : l'économie américaine a généré 165 000 emplois non agricoles le mois dernier, alors que les économistes n'attendaient en moyenne que 65 000 créations de postes, selon le Bureau of Labor Statistics.
Le taux de chômage s'est tassé de 0,1 point, à 4,1% en octobre, un niveau légèrement inférieur au consensus des économistes (4,2%). Le taux de participation à la population active s'est établi à 61,9% et le salaire horaire moyen a augmenté de 3,1% sur un an.
Par ailleurs, les créations d'emplois non agricoles d'août et de septembre ont été révisées à la hausse, passant respectivement de 133 000 à 186 000 et de 29 000 à 60 000, soit une révision cumulée positive de 84 000 postes pour ces deux mois.
Une demi-heure après la cloche d'ouverture, les investisseurs doivent encore prendre connaissance de l'indice de confiance des consommateurs calculé par l'université du Michigan, attendu à 48 en estimation préliminaire pour ce mois-ci, soit un niveau stable par rapport à octobre.
Moderna et Airbnb rassurent, mais Mattel déçoit
Dans l'actualité des valeurs, Moderna devrait être recherché à l'ouverture, après que le groupe de biotechnologies a relevé ses prévisions annuelles de croissance des revenus et de trésorerie, au terme d'un 3e trimestre qui l'a vu renouer avec les bénéfices.
Airbnb est lui aussi attendu en forte hausse, le géant de la location de logements de courte durée ayant dépassé les attentes au 3e trimestre et relevé ses perspectives annuelles, à contre-courant des inquiétudes qui pèsent sur le secteur du tourisme.
En revanche, Mattel pourrait céder du terrain en début de séance, le fabricant de jouets ayant fait état d'un chiffre d'affaires trimestriel inférieur aux attentes et abaissé ses objectifs pour l'ensemble de 2026, anticipant une demande morose pour les fêtes de fin d'année.
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