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Les bénéfices d'IAG reculent, les analystes restent confiants

Publié le 6 novembre 2026 à 10h44

Maison mère des compagnies British Airways, Iberia et Vueling, le groupe IAG a publié des résultats trimestriels pénalisés par la hausse des coûts du carburant et des perturbations opérationnelles. Le groupe confirme néanmoins ses objectifs annuels, jugés toujours atteignables par plusieurs analystes. Le marché est lui aussi convaincu : le titre progresse ainsi de 2 % à la Bourse de Londres, autour de 436 pence.

IAG a dévoilé ce matin un bénéfice net de 1,231 MdEUR au titre du 3e trimestre, en recul de 12,2% sur un an et légèrement inférieur au consensus de 1,248 MdEUR.

De son côté, le chiffre d'affaires a progressé de 4,5%, à 9,744 MdsEUR, dépassant de peu les 9,69 MdsEUR attendus, grâce notamment à la bonne tenue du trafic long-courrier.

Le résultat opérationnel avant éléments exceptionnels a chuté de 15,9%, à 1,726 MdEUR, soit environ 5% de moins que le consensus compilé par le groupe (1,81 MdEUR). La marge opérationnelle s'est contractée de 4,3 points, à 17,7%, tandis que les coûts unitaires hors carburant ont augmenté de 3,4%, bien davantage que les 0,7% anticipés.

Cette contre-performance tranche avec les résultats de Lufthansa et d'Air France-KLM, qui ont tous deux dépassé les attentes. Panmure Liberum, à "achat" sur IAG avec un objectif de 620 pence, pointe notamment une exposition plus limitée aux activités de fret et de maintenance, particulièrement porteuses chez ses concurrents.

Une demande solide, mais des coûts sous pression

La vigueur du long-courrier constitue néanmoins un motif de satisfaction. Sur l'Atlantique Nord, les recettes unitaires ont progressé de 11,5% à taux de change constants, contre 7,3% au deuxième trimestre, selon Citi. "IAG a réalisé un nouveau trimestre résilient", a pointé Luis Gallego, CEO du groupe, évoquant notamment la solidité de la demande malgré un environnement difficile.

Pour l'ensemble de 2026, IAG confirme viser une marge opérationnelle avant éléments exceptionnels d'au moins 12%. Le groupe prévoit toutefois une capacité légèrement inférieure à celle de 2025 et une hausse d'environ 1% de ses coûts unitaires hors carburant, contre une stabilité précédemment attendue.

La facture annuelle de carburant est réévaluée à 8,9 MdsEUR, soit 300 MEUR de plus qu'anticipé, tandis que les investissements sont ramenés de 3,4 à 3,1 MdsEUR, notamment en raison de retards de livraison d'appareils.

Ces ajustements pourraient peser sur les estimations du marché. Bernstein, qui maintient sa recommandation à "surperformance" et son objectif de 550 pence, anticipe une révision à la baisse d'environ 3% des prévisions de bénéfices du consensus. Panmure Liberum s'attend également à des ajustements négatifs.

Citi et RBC relativisent la déception trimestrielle

Chez Citi, Charles Armitage, l'analyste en charge du dossier, se montre plus rassurant. La banque américaine estime que les prévisions annuelles du consensus, autour de 4,23 MdsEUR de résultat opérationnel, ne devraient pas subir de révision majeure. Elle souligne la vigueur des recettes transatlantiques et la bonne tenue des réservations, 85% des revenus attendus au quatrième trimestre étant déjà réservés. Citi réitère sa recommandation à "achat", avec un objectif de cours de 610 pence.

RBC Capital Markets partage cet optimisme. Selon les calculs de Ken Herbert, IAG doit dégager environ 743 MEUR de résultat opérationnel au quatrième trimestre, soit une baisse de 32% sur un an, pour atteindre le consensus annuel. Un niveau jugé "atteignable" compte tenu de la solidité de la demande et d'une possible modération des coûts hors carburant. RBC maintient sa recommandation à "surperformance", avec un objectif de 500 pence.

AlphaValue plus prudent pour 2027

Enfin, AlphaValue adopte une lecture plus prudente. Le courtier souligne que les compagnies européennes parviennent à répercuter une partie du renchérissement du kérosène sur leurs tarifs, particulièrement dans les cabines premium. Mais cette stratégie pourrait trouver ses limites : les taux de remplissage commencent à s'éroder et les couvertures carburant vont progressivement diminuer en 2027.

Alors qu'IAG n'est couvert qu'à hauteur de 45%, le cabinet estime que les compagnies devront continuer à relever leurs tarifs pour préserver leurs marges, au risque de fragiliser la demande. AlphaValue conserve sa recommandation à "alléger" sur le titre.

Pour IAG, l'enjeu des prochains trimestres sera donc moins la résistance de la demande, encore robuste, que sa capacité à maîtriser ses coûts et à préserver sa rentabilité, particulièrement à l'approche de 2027.

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