Assurance Vie

Parole d'expert

UNEP lance une des premières assurances vie dédiées aux ETF

Family Finance - 26 septembre 2016 - Johan Deschamps

Assurance vie

UNEP innove en lançant un contrat d’assurance vie dédié aux trackers. Assorti d’un fonds euros alimenté en fonction du profil de risque du client, ce contrat constitue un placement alternatif à destination des investisseurs avertis. Ils pourront sélectionner librement les trackers ou en confier la gestion à Lyxor, partenaire de l’Unep. L’association va désormais former ses 600 cabinets de CGPI partenaires pour promouvoir son produit. Hier reconnu comme un spécialiste des SCPI, l’Unep élargit ses compétences et confirme la pertinence de sa plateforme d’offres patrimoniales.

Unep (l’Union nationale d’épargne et de prévoyance) est une plateforme d’assurance à destination des CGPI. Elle a été créée en 2000 par la volonté de Christian Cacciuttolo, alors membre fondateur de Sofidy, une société de gestion de SCPI à l’origine d’Immorente, dans le but de maîtriser la collecte assurance en SCPI. La distribution des produits de ses sociétés civiles de placement dans l’immobilier est rapidement devenue le point fort de l’Unep mais aussi son point faible. «Nous étions trop catalogués SCPI, les conseillers ne pensaient pas à nous pour la partie unités de compte», reconnaît Patrick Le Maire, directeur du développement de l’Unep. Avec l’arrivée d’Alptis dans le capital en 2011, Unep a changé d’envergure : alors qu’elle bénéficiait initialement uniquement d’un bouche-à-oreille naturel qui se faisait avec les distributeurs de Sofidy, elle a embauché une personne chargée de la communication, recruté six commerciaux et renforcé son middle-office. «Même si nous sommes ravis d’être dans les SCPI quand les marchés sont baissiers parce que l’on a zéro souci et des stocks qui n’arrêtent pas de progresser, on cherche toutefois à renforcer notre image de plateforme unités de compte, de marchés financiers classiques», avoue Patrick Le Maire.

Lancement d’un contrat d’assurance vie dédié aux trackers

Et cet automne, l’Unep devrait franchir un nouveau cap dans son développement en lançant un des premiers contrats sur les ETF éligibles à l’assurance vie. Avec son principal assureur et partenaire Oradéa, filiale à 100 % de Sogecap, du groupe Société Générale, l’association a créé un contrat sur les ETF. C’est un contrat très simple par rapport aux multi-supports classiques car il n’est composé que de trackers, un peu plus de 70 dans un premier temps, et d’un fonds euros «pour réduire la voilure selon les profils de risque dans le mandat de gestion», annonce Patrick Le Maire. C’est un contrat qui est accessible à tous car le versement minimum est de 1 200 euros pour une gestion libre ou de 10 000 euros pour la gestion pilotée. «Pour le moment, le mandat de gestion est assuré par Lyxor mais rien ne nous empêchera, dans un an, de prendre une option avec d’autres sociétés de gestion», anticipe Patrick Le Maire. Des versements programmés sont possibles sur une base de 100 euros par mois et le minimum à investir par support est fixé à 75 euros. Côté frais, le contrat supporte 1 % de frais pour la gestion libre et chaque arbitrage coûte 0,5 % sans minimum. La seule contrainte est de consacrer au minimum la moitié de l’investissement dans les trackers. La gestion pilotée coûte pour sa part 1,95 % par an avec un choix de gestion monde ou Europe. Il y a aussi la possibilité de définir un horizon de placement qui se traduira par une sécurisation de l’investissement par des arbitrages progressifs des trackers vers le fonds euros.

Un contrat aux multiples avantages

Ce nouveau contrat vient confirmer l’essor croissant des ETF et bénéficiera logiquement des mêmes avantages. Le souscripteur sera certain de son exposition puisqu’un tracker réplique fidèlement le sous-jacent sur lequel il est investi alors que dans le cas d’un OPCVM, cela dépend à la fois du gérant et de l’allocataire d’actifs, si bien que le client final ne connaît pas très bien son degré d’exposition. La gestion alpha (qui montre le talent du gérant en tant que stock picker) très en vogue dans la dernière décennie a perdu de son attrait, et rares sont les sociétés de gestion qui mettent en avant ce critère dans leur reporting. «En effet, près de 80 % des gestions classiques font moins bien que leur benchmark sur le long terme, d’autant plus que leurs frais de courtage et de gestion grignotent une partie croissante de la performance», analyse Patrick Le Maire. Quant au bêta, rares sont ceux qui anticipent les rebonds de marché. Dans les phases de baisse de marché, réduire la voilure au fur et à mesure est relativement aisé. En revanche, l’augmenter au maximum est particulièrement délicat : beaucoup attendent que le marché ait repris 10 % à 15 % par rapport au plus bas pour y revenir timidement. Cet exercice coûte très cher sur le long terme. «Avec les ETF tout est clair : je suis investi à 100 % sur mon marché de référence», conclut Patrick Le Maire.

Les ETF donnent ainsi accès à des classes d’actifs beaucoup plus ciblées, «je peux prendre un tracker sur le pétrole, être baissier sur le marché pour me protéger», explique Patrick Le Maire. Enfin, ils présentent également un avantage certain au niveau des coûts car les frais de gestion des trackers sont relativement faibles, allant de 0,14 % à 0,40 % en moyenne alors que les unités de comptes sont souvent chargées à 2 %. «Il y a également la partie cachée de l’iceberg dont on ne parle jamais en France, ce sont les frais de courtages et le taux de rotation du portefeuille», tient à préciser Patrick Le Maire. Ce nouveau contrat s’adresse avant tout au client qui affiche un profil dynamique, qui cherche un marché précis, des thématiques spécifiques. «Il s’adresse aussi à ceux qui se lassent du discours un peu redondant des asset managers», affirme Patrick Le Maire. Pour commercialiser ce contrat, l’Unep va former ses commerciaux et les 600 cabinets de CGP avec qui elle travaille sur toute la France. Elle communiquera via des brochures et sur son site Internet www.unep.asso.fr et investira bien sûr des salons comme celui de Patrimonia à Lyon les 29 et 30 septembre prochains.

Questions à Patrick Le Maire, directeur du développement de l’Unep

Patrick Le Maire, directeur du développement
de l’Unep

Après avoir entamé sa carrière en tant que conseiller en gestion de patrimoine puis gérant de portefeuille, Patrick Le Maire s’est spécialisé dès 1995 dans l’animation et le développement de réseaux CGPI avant d’occuper le poste de directeur du développement de Ciloger en 2007. Depuis 2012, il occupe le poste de directeur du développement de l’Unep. A ce titre, il encadre l’équipe commerciale et participe à l’élaboration des produits.

Que pensez-vous des contrats euro dans un environnement de faiblesse persistante des taux d’intérêt ?

Les épargnants français ont une réelle aversion au risque et continuent de privilégier les contrats euro malgré la baisse engagée des rendements. Une baisse qui est toutefois à relativiser car servir aujourd’hui du 2 % quand on a des taux négatifs est plutôt une bonne chose. Seulement, je ne vois pas pourquoi le nouvel arrivant spolierait tous ceux qui sont là depuis longtemps en bénéficiant de la même rémunération. Il y aurait peut-être une réglementation à faire sur le taux servi aux nouveaux arrivants, qui serait par exemple indexé sur les taux de marché. En revanche, si les taux d’intérêt se retournent à la hausse, les conséquences seront lourdes sur les fonds euros. Il paraît donc de plus en plus difficile de croire dans les véhicules obligataires.

L’Unep est un spécialiste reconnu du secteur des SCPI. A ce titre, que pensez-vous de l’engouement des épargnants pour cette classe d’actifs ?

Les clients restent friands des SCPI. Ils sont attirés à la fois par le rendement élevé et pérenne et par l’historique de performances des SCPI. Seulement, toutes les SCPI ne se valent pas et la gestion de la collecte peut se révéler déterminante pour la performance future. Si certaines sociétés comme Sofidy cantonnent le niveau de collecte à leurs intentions d’achats immobiliers, d’autres ne fixent pas de limite et prennent le risque d’investir dans des zones moins rentables. Quand on sait que la règle de base c’est l’emplacement, cette stratégie peut se révéler risquée à terme. Le danger vient surtout d’une collecte mal maîtrisée.

Jusqu’à présent, l’investissement dans les SCPI était limité dans le cadre d’une assurance vie mais l’Unep propose désormais une alternative…

Il est vrai que la SCPI est un produit financier un peu lourd à gérer. Il y a plusieurs notions de valeurs, il y a des enveloppes fixées. A l’Unep par exemple, on ne peut pas investir plus de 150 000 euros par ligne de SCPI dans une assurance vie. Pour fluidifier tout cela, Sofidy lance une SCI dédiée, c’est un peu comme un fonds de fonds. C’est beaucoup plus souple, il n’y a plus de problème d’enveloppe, il y a une seule valeur et on peut souscrire tout le temps. Désormais, le client pourra investir directement dans cette SCI que nous proposons sur nos contrats dès septembre et c’est cette dernière qui arbitrera entre les différentes SCPI.