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Expertise

Truffle Capital : 15 ans au service de l’investissement dans l’innovation

Family Finance - 17 mai 2016 - Emmanuel Schafroth

Depuis sa création, la société a su rester fidèle à son ADN, focalisant ses investissements dans l’innovation et plus particulièrement sur deux secteurs : les sciences de la vie et les technologies de l’information. Acteur indépendant du capital-risque, Truffle est toujours détenu à 100 % par ses trois fondateurs.

Truffle Capital fête cette année ses 15 ans d’existence : 15 ans dédiés au financement en capital-risque durant lesquels la société est restée concentrée sur ses deux secteurs de prédilection, les sciences de la vie et les technologies de l’information.
Ces choix résultent directement du parcours des trois associés fondateurs, qui contrôlent toujours l’intégralité du capital. Bernard-Louis Roques avait auparavant fondé ABN Amro Venture Capital et mené de nombreux investissements dans les nouvelles technologies, tandis que Philippe Pouletty est docteur en médecine et fut à l’origine de plusieurs sociétés de biotechnologies avant de cofonder Truffle Capital. Enfin, Henri Moulard est issu du monde de la banque et de l’assurance : il a notamment présidé Neuflize et Generali France.

Aujourd’hui, Truffle Capital totalise 730 millions d’euros sous gestion et emploie une vingtaine de personnes. La société a contribué à financer 84 entreprises innovantes, dont 13 sont aujourd’hui cotées en bourse. On peut citer des noms comme l’emblématique Carmat, à l’origine d’un succès à la fois médiatique et technique avec son coeur artificiel, le spécialiste des antiviraux Abivax ou l’agence de marketing digital NetBooster. «Nos deux secteurs de prédilection ont pour point commun le fait que beaucoup de besoins ne sont pas encore satisfaits, ce qui ouvre la voie à des innovations de rupture», explique Sneha Hiremath, directeur du développement de Truffle Capital. Précisément, Truffle Capital cultive une vision très pure de l’innovation et du capital-risque, misant sur des acteurs susceptibles de révolutionner leur marché. «C’est une partie intégrante de notre processus que d’aller chercher très en amont les opportunités d’investissement, y compris en participant à la création de l’entreprise elle-même», ajoute Sneha Hiremath.
Truffle Capital peut ainsi capitaliser directement sur une rencontre avec un entrepreneur ayant une idée originale ou une technologie innovante. «Cela explique que notre portefeuille de participations se recoupe très peu avec ceux d’autres acteurs du capital-investissement», explique Sneha Hiremath. Ces créations d’entreprises ne se font pas nécessairement ex nihilo car il peut s’agir de spin-offs d’activités nées dans de grands groupes industriels ou encore des laboratoires universitaires. Ce fut le cas pour Carmat, société dont le nom est formé des premières lettres du nom du professeur Carpentier, à l’origine du projet, et du groupe Matra de Jean-Luc Lagardère, son premier financeur.

Truffle Capital accompagne les entreprises dans la durée, jusqu’à une cession industrielle ou jusqu’à une introduction en bourse, voire au-delà : les prises de participations sont importantes, parfois même majoritaires. Cela se traduit par une représentation au conseil d’administration des entreprises. «Elles bénéficient aussi de notre savoir-faire, de notre carnet d’adresses et d’un accompagnement réel dans la prise de décisions stratégiques ou la recherche d’autres sources de financement», ajoute Sneha Hiremath. L’entrepreneur peut ainsi se focaliser sur le développement de son activité.
Depuis plusieurs années déjà, Truffle Capital s’intéresse aux fintechs et a fait partie des premiers investisseurs dans ce secteur aujourd’hui très médiatisé. Cet angle particulier a même conduit la société de capital-investissement à créer dans ses locaux un incubateur pour ses jeunes pousses dans ce domaine. Il héberge aujourd’hui quatre entreprises qui peuvent ainsi échanger sur leurs meilleures pratiques et faire jouer d’éventuelles synergies : le spécialiste du prêt participatif
Credit.fr, créé avec Thomas de Bourayne (ex-Experian) et présidé par Geoffroy Roux de Bézieux ; Paytop, qui propose notamment la première carte de crédit française multidevise ; Smile&Pay, qui commercialise un terminal de paiement avec une tarification spécialement adaptée aux petits commerces et dont Renaud Dutreil est aujourd’hui le président ; et enfin Wizypay, positionné sur le concept de la carte-cadeau électronique. Un véritable écosystème de la fintech, qui permet une certaine mutualisation des problématiques de réglementation du secteur.
Autre cas de création d’entreprise faite sous l’égide de Truffle Capital : Abivax, qui développe des vaccins thérapeutiques contre le sida et l’hépatite B chronique et est issue de la fusion en 2013 de trois sociétés du portefeuille de participations. La société a été introduite sur Euronext en 2015 et a ainsi levé près de 60 millions d’euros, ce qui en faisait la plus grosse levée de fonds d’une introduction boursière à Paris dans le secteur des biotechnologies.

Si la majorité de la clientèle d’investisseurs de Truffle est composée de particuliers, la société a aussi des fonds institutionnels et cultive une particularité notable : c’est une stratégie d’investissement unique qui est proposée depuis 15 ans à cette clientèle variée, mixant dans les mêmes supports investissements en sciences de la vie et en technologies de l’information. «Cette répartition est bénéfique pour lisser la courbe de performances, conclut Sneha Hiremath. Dans les technologies de l’information, les sociétés peuvent avoir des cycles de maturité plus courts, ce qui permet parfois de faire de premières cessions dès la sixième année, tandis que dans les sciences de la vie, les sorties peuvent nécessiter plus de temps, mais se faire dans les meilleurs cas sur des multiples de valorisation beaucoup plus élevés.»

Questions à… Sneha Hiremath, directeur du développement de Truffle Capital

Sneha Hiremath, directeur du développement, Truffle Capital
Truffle Capital

Titulaire d’un master en banque/finance de l’université paris-dauphine, sneha a été responsable de l’analyse de fonds chez global private equity, une société chargée de lever des fonds auprès d’investisseurs institutionnels pour le compte d’acteurs internationaux du capital-investissement. Elle a rejoint en 2009 truffle capital, où elle dirige le pôle marketing et commercial. Elle est à la fois en charge de la conception de nouveaux produits, des relations avec les investisseurs institutionnels et d’une équipe commerciale de trois personnes.


Comment se structure votre offre ISF ?

Nous avons une double offre cette année. Tout d’abord le mandat de gestion Truffle PME 2016, qui est réservé aux patrimoines supérieurs à 2,57 millions d’euros et qui permet une réduction ISF de 50 % de l’investissement et jusqu’à 45 000 euros de réduction. Les investisseurs deviendront actionnaires de plusieurs entreprises innovantes, dont certaines en phase de création.
Ensuite, nous proposons également un FCPI, baptisé Truffle InnoCroissance 2016, qui permet une réduction d’ISF à hauteur de 45 % de l’investissement jusqu’à 18 000 euros. Comme tous nos autres fonds, ainsi que le mandat de gestion, ce FCPI investira dans des innovations de rupture dans les domaines des sciences de la vie et des technologies de l’information. Nous considérons que c’est là où il y a un vrai manque en matière d’investissement, alors qu’il y a un potentiel important de création de valeur et de performance mais aussi d’emplois.

Que pensez-vous des nouvelles contraintes imposées au dispositif d’investissement
TEPA ISF ?


En effet, la loi de finances 2016 pose de nouvelles conditions sur les sociétés éligibles à la réduction ISF. Désormais seules les PME de moins de sept ans sont éligibles aux investissements directs ISF et aux FIP, et de moins de 10 ans pour les FCPI. Il y a donc une réelle volonté du législateur de flécher davantage l’épargne des Français vers des entreprises jeunes et innovantes. Pour nous, il ne s’agit pas d’une contrainte, mais d’un avantage concurrentiel, puisque ces nouvelles dispositions ne nous obligeront aucunement à modifier notre stratégie et notre processus d’investissement. Depuis 15 ans, nous nous efforçons non seulement de respecter la réglementation mais aussi son esprit – et cela porte ses fruits car tous nos fonds actuellement en phase de sortie ont une performance positive avant avantage fiscal.