Innovation

Actifs numériques : la conservation, une infrastructure financière essentielle ?

Publié le 6 novembre 2026 à 12h46

OPTION FINANCE  Temps de lecture 3 minutes

À mesure que les banques déploient des actifs tokenisés, des stablecoins et des paiements basés sur la blockchain, l’infrastructure de conservation de ces actifs numériques s’impose comme un maillon clé, car elle détermine la manière dont les institutions financières gèrent les risques, intègrent de nouveaux services et captent de nouvelles sources de revenus. Ainsi, selon le rapport « Beyond Safekeeping : Custody as the Operating Layer Beneath Digital Finance » réalisé par le BCG, si la sécurité et la gestion des clés cryptographiques restent indispensables, elles ne suffisent plus à différencier les prestataires de services de conservation. La gouvernance, la connectivité, la conformité réglementaire et l’intégration aux systèmes financiers existants prennent en effet de plus en plus d’importance.

Les institutions financières doivent donc désormais déterminer quelles capacités de conservation gérer en interne et lesquelles confier à des prestataires externes. Le cabinet indique ainsi que les banques pourraient, par exemple, recourir à la conservation déléguée pour certains produits d’investissement tout en exploitant leur propre infrastructure pour les activités de trésorerie ou de paiement. Selon l’analyse du BCG, une banque régionale disposant de 200 à 300 milliards de dollars d’actifs pourrait ainsi générer un gain de 80 à 100 millions de dollars sur son compte de résultat en combinant les décisions de conservation appropriées en fonction des différentes utilisations des actifs numériques.

En outre, la sécurité s’impose comme un enjeu majeur dans la conservation des actifs numériques. Selon le BCG, plus de 3,4 milliards de dollars d’actifs numériques ont en effet été volés en 2025. L’analyse par le cabinet de trois incidents de sécurité survenus entre 2024 et 2026 montre que des faiblesses dans les processus d’approbation et de vérification des transactions peuvent exposer les institutions à des pertes substantielles et ce, même lorsque les systèmes cryptographiques restent intacts. Pour les banques, il ne s’agit donc plus seulement de protéger les clés cryptographiques mais aussi de bien contrôler qui peut initier et approuver des transactions. Ainsi, le BCG recommande aux institutions financières de choisir des modèles de conservation en fonction des activités commerciales qu’elles envisagent, d’évaluer les prestataires au regard des exigences de gouvernance et d’intégration, et de préserver la flexibilité nécessaire pour s’adapter aux évolutions technologiques et réglementaires.

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