C’est un chiffre en trompe-l’œil pour le capital-investissement français : si le montant des cessions a progressé en valeur de 9 % pour atteindre 13 milliards d’euros en 2025, c’est principalement parce qu’il a été porté par la mise en place de fonds de continuation, selon les chiffres annuels publiés par France Invest et Grant Thornton. En 2024, les fonds de continuation ne représentaient en effet que 400 millions d’euros, soit 3,4 % du montant total de 11,9 milliards d’euros de cessions, contre 1,9 milliard d’euros en 2025 (14,6 % du total). De plus, le nombre d’entreprises cédées recule, avec 1 191 transactions réalisées en 2025 contre 1 281 en 2024.
Par ailleurs, les acteurs du capital-investissement ont investi 28,8 milliards d’euros auprès d’entreprises en 2025 contre 26 milliards d’euros en 2024. Cette hausse de 11 % est aussi à relativiser : les montants hors fonds de continuation reculent de 400 millions d’euros sur un an (– 1 %), malgré une hausse des sociétés accompagnées (2 714 en 2025 contre 2 692 en 2024).
Du côté des levées de capitaux, les sommes progressent de 15 % sur un an pour atteindre 28,9 milliards d’euros mais, là encore, les volumes ont été soutenus par les fonds de continuation qui totalisent 5,9 milliards d’euros récoltés par 23 véhicules en 2025 contre 1,6 milliard d’euros en 2024. Sans ces fonds, la collecte baisse de 2 %, notamment en raison de l’absence de levées supérieures à un milliard d’euros en 2025. Dans un environnement économique plus complexe pour les gestionnaires, la durée moyenne pour boucler un fonds progresse depuis 2021 pour atteindre 23,6 mois en 2025, un record depuis six ans.