Les effets de la montée en puissance de l’intelligence artificielle sur la consommation électrique mondiale des data centers (qui devrait augmenter d’environ 50 % d’ici 2027) suscitent des inquiétudes. L’étude menée notamment par un professeur d’HEC, Olivier Darmouni, et intitulée « The cost of AI and data centers », montre bien la complexité du sujet. Selon ces travaux, portant sur 420 projets prévus d’ici 2035 aux Etats-Unis, le développement des centres de données ne devrait pas provoquer une hausse homogène des prix de l’énergie au sein d’un pays. 50 % de ces data centers sont en effet implantés dans un petit nombre d’Etats (Virginie, Texas, Caroline du Nord et du Sud…) qui, en raison de cette concentration, pourraient enregistrer une augmentation de leurs prix énergétiques de 20 à 40 %. A l’inverse, à l’échelle nationale, cette hausse pourrait être limitée à environ 2 %, car les centrales, qui fonctionnent pour la plupart aux énergies fossiles, disposent de suffisamment de capacités disponibles pour faire face à une hausse de la demande. Ce gain sera toutefois contrebalancé par des coûts sociaux et climatiques, pouvant atteindre jusqu’à 80 milliards de dollars, selon l’étude. Seul moyen de limiter ce risque, une montée en puissance accélérée des énergies renouvelables, rendue également nécessaire par la volatilité des prix des combustibles. « En France, l’augmentation de la production nucléaire offre la possibilité de limiter à la fois l’augmentation des prix et de l’empreinte carbone, souligne Olivier Darmouni. Le leadership en matière d’IA et la relance du nucléaire sont deux questions stratégiques intimement liées. »
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