Gouvernance

Les dirigeants du CAC 40 sont majoritairement issus de l’interne

Publié le 19 juin 2026 à 12h36

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Un homme français de 59 ans, nommé à l’âge de 51 ans après 15 ans d’expérience au sein de son entreprise : voilà le portrait-robot du directeur général d’une entreprise du CAC 40 selon la dernière étude « Route to the top » réalisée par Heidrick & Struggles. D’après les données récoltées par le cabinet de conseil en leadership, si la France s’inscrit dans la moyenne européenne en termes d’âge de ses CEO (57,5 en Europe contre 58,6 dans l’Hexagone), les entreprises du CAC 40 se distinguent par le temps nécessaire pour être promu : 14,5 ans contre 9,2 ans en moyenne en Europe.

Ainsi, les grandes entreprises françaises favorisent le parcours interne lors de leur recherche de directeur général : 80 % des CEO actuellement en poste au sein du CAC 40 sont issus des rangs de l’entreprise qu’ils dirigent contre 63 % en moyenne en Europe. « Si le temps nécessaire est plus long en France pour accéder au poste de CEO, il s’agit essentiellement de promotion interne, souligne Hervé Borensztejn, associé responsable des activités de conseil en leadership en France au sein d’Heidrick & Struggles. On peut y voir une sorte de prime à la fidélité et une volonté de développer les compétences et l’expertise au sein de l’entreprise avant de la diriger. »

Le parcours des dirigeants français est aussi marqué par des expériences opérationnelles qui constituent une voie privilégiée pour accéder à la direction générale. En effet, 38 % des dirigeants du CAC 40 ont été directeurs des opérations (COO), une proportion nettement supérieure à la moyenne européenne, de 17 %. En revanche, seuls 13 % ont occupé les fonctions de directeur financier (CFO) contre 22 % en Europe. Autre spécificité française : la part des dirigeants étrangers n’atteint que 18 % contre 29 % en Europe. Toutefois, près de la moitié des directeurs généraux français peuvent faire valoir une expérience internationale (48 % en France contre 43 % en Europe). « Il n’existe pas de refus a priori des dirigeants étrangers mais les entreprises du CAC 40 valorisent la maîtrise de la langue et de la culture françaises, notamment pour faciliter le dialogue avec l’ensemble des parties prenantes », relève Sylvain Dhenin, associé d’Heidrick & Struggles et co-responsable pour l’Europe et l’Afrique des activités CEO & Boards.

Enfin, la France se distingue également en matière de féminisation avec cinq dirigeantes : Belén Garijo chez Sanofi, Estelle Brachlianoff chez Veolia, Catherine MacGregor chez Engie, Christel Haydemann chez Orange et Hinda Gharbi chez Bureau Veritas. L’Hexagone compte ainsi 12,5 % de femmes dirigeantes, soit le taux le plus élevé en Europe (8 % en moyenne). Toutefois, à l’inverse de la tendance française, ces dirigeantes sont à 80 % issues de l’externe. Seule Estelle Brachlianoff affichait 17 ans d’ancienneté au sein de Veolia avant d’être promue. La croissance du nombre de femmes au sein des postes de direction – en raison notamment de la loi Rixain – devrait accroître, dans les années à venir, la proportion d’entreprises dirigées par des femmes.

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