Les actions seraient les actifs les plus dépréciés en cas de transition climatique tardive et non coordonnée. Selon la Banque de France, 2 900 milliards d’euros de capitalisation sont en effet à risque au niveau mondial à l’horizon 2045 : les actions subiraient en moyenne une chute de 6,8 %, mais celle-ci pourrait atteindre 24 % dans le secteur des combustibles fossiles. Certaines entreprises de ce secteur sont d’ailleurs exposées à des corrections extrêmes allant jusqu’à 87 %.
Les obligations d’entreprise et souveraines seraient en revanche moins sensibles en cas de transition climatique désordonnée. Au niveau mondial, les premières enregistreraient une dépréciation de 1,5 %, soit une baisse de 69 milliards d’euros des encours. La correction serait toutefois plus marquée dans le secteur des combustibles fossiles : elle pourrait atteindre 34,5 %. Dans le cas des obligations souveraines, la baisse de prix serait plus limitée, de l’ordre de 0,25 % (171 milliards d’euros).
D’après l’étude de la Banque de France, les encours gérés par les fonds d’investissement français accuseraient une dépréciation moyenne de l’ordre de 3 %, soit 29 milliards d’euros. Ce chiffre masque cependant une hétérogénéité importante en fonction du type de fonds ; les fonds actions et fonds mixtes étant plus exposés, avec des pertes pouvant atteindre respectivement 11,4 % et 8,2 %.
Dans l’ensemble, les auteurs de l’analyse soulignent que la diversification sectorielle des portefeuilles du secteur financier français (banques, assureurs, fonds d’investissement) permettrait d’absorber un risque de transition. Cependant, les estimations de la Banque de France ne tiennent pas compte de facteurs aggravants tels que l’amplification potentielle des chocs financiers et la matérialisation des risques physiques liés au changement climatique.