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AG2R La Mondiale Matmut veut financer le secteur agroalimentaire

28 février 2019 - optionfinance.fr

Les investissements en dette privée des institutionnels deviennent de plus en plus pointus. AG2R La Mondiale Matmut vient ainsi d’annoncer le lancement du fonds Agrro Croissance, visant à financer une vingtaine de PME du secteur agroalimentaire. Doté de 50 millions d’euros pour commencer et géré par Eiffel Investment Group, ce fonds est une manière pour le groupe de protection sociale de faire un lien entre ses activités d’investissement et son cœur de métier, puisque depuis dix ans, une offre spécifique d’assurance et de prévoyance a été mise en place à destination des acteurs de l’agroalimentaire. Un club de dirigeants de la filière aidera d’ailleurs Eiffel IG à identifier des projets à financer.

Si, pour AG2R La Mondiale Matmut, l’initiative est nouvelle par son ciblage précis d’une catégorie d’entreprises, l’investisseur n’en est pas à son coup d’essai en matière de financement des PME. «Nous avons à ce jour investi 1,1 milliard d’euros dans de la dette non cotée, soit en direct via des EuroPP notamment, mais aussi via des fonds nous permettant d’accéder à de plus petites sociétés. Cela a permis de financer 236 entreprises», explique David Simon, directeur investissements, finances et risques d’AG2R La Mondiale Matmut. Ces dernières années, les initiatives se sont multipliées : 100 millions d’euros en 2015 avec Acofi Gestion, pour soutenir l’emploi des PME, 160 millions en 2016 avec Bpifrance et 100 millions en 2017 avec Eiffel IG. Investir dans le tissu des PME est également, pour un investisseur institutionnel, un moyen de trouver un surcroît de rendement. «Le fonds Agrro Croissance accordera des financements senior in fine ou à différé d’amortissements longs, d’une maturité de 5 à 7 ans, soit une durée plus longue que les prêts bancaires, détaille David Simon. Leurs taux seront donc un peu plus élevés, entre 4 et 8 %, ce qui devrait représenter un rendement net de frais et du coût du risque de 3 à 4 % pour le fonds. C’est toutefois moins élevé que ce que nous pouvions obtenir dans le cadre de nos premières initiatives en dette privée, car les taux ont baissé depuis.»