Le blog de Didier Borowski

Quand le risque politique traverse l’Atlantique…

Option Finance - 9 décembre 2019 - Didier Borowski, Amundi

Le risque politique est en train de quitter l’Europe : le «hard Brexit» n’est plus à l’ordre du jour et la coalition au pouvoir en Italie depuis cet été est davantage pro-européenne. De plus, le nouveau couple à la tête des institutions (Ursula von der Leyen pour la Commission et Christine Lagarde pour la BCE) devrait s’atteler à renforcer l’architecture financière de la zone euro. C’est une perspective rassurante, surtout par rapport aux craintes de début d’année.

En revanche, l’environnement politique est beaucoup plus incertain outre-Atlantique. Les Etats-Unis entrent dans une longue période électorale, dans un climat déjà tendu. Même si elle n’a aucune chance d’aboutir au Sénat, la procédure de destitution lancée par les démocrates peut nuire à Donald Trump. Parallèlement, le parti démocrate se prépare aux primaires. Or il ne s’agit pas de primaires classiques. Des candidats «centristes» (Joe Biden, Pete Buttigieg et Michael Bloomberg) s’opposent à des candidats «radicaux/sociaux-démocrates» (Elizabeth Warren, Bernie Sanders). La levée de fonds de ces derniers l’emporte de loin sur celle des candidats centristes. C’est la première fois que des candidats défendant des propositions radicales sur des enjeux fondamentaux (démantèlement des big tech, politique énergétique, régulation, politique étrangère) sont en mesure de s’imposer aux primaires. Le «super mardi» (3 mars 2020) permettra d’y voir plus clair. En fin de compte, les investisseurs – qui sont dans leur grande majorité convaincus que Donald Trump remportera facilement les élections – pourraient devoir reconsidérer leur position, ce qui déclencherait une correction sur la Bourse et le dollar, avec à la clé un accroissement de la volatilité.