Article partenaire

Dossier partenaire Robeco

Marchés émergents : un même indice, mais des destins différents

Publié le 5 octobre 2026 à 8h00

Robeco

Les marchés émergents présentent une dispersion entre les pays en matière de valorisation, de conversion des bénéfices et de crédibilité des politiques économiques. Il convient donc d’envisager une approche d’investissement active plutôt que de s’en remettre à un indice.

Par Jan de Bruijn, gérant de portefeuille clients, Actions émergentes

Depuis trois décennies, les marchés émergents sont vendus sur la base d’un argumentaire simple : une croissance plus rapide, des populations plus jeunes et une intégration plus poussée dans le commerce mondial. Cette thèse a contribué à construire une vaste classe d’actifs. Mais traiter les marchés émergents comme un seul bloc masque la diversité de cet univers et limite, selon nous, les performances que les investisseurs pourraient en tirer.

Aujourd’hui, un même indice de marchés émergents regroupe des exportateurs de technologies comme Taïwan et la Corée du Sud, de vastes économies domestiques comme l’Inde et l’Indonésie, des pôles manufacturiers comme la Chine et le Vietnam, des producteurs de ressources comme le Brésil et le Chili, ainsi que des États du Golfe riches en capitaux comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Il ne s’agit pas de simples variantes d’un même thème : ces pays diffèrent par leur structure économique, la solidité de leurs institutions et leur sensibilité aux chocs externes. Ce sont ces différences, davantage que le taux de croissance mis en avant, qui déterminent si les investisseurs peuvent prospérer sur les marchés émergents.

La croissance est nécessaire, mais elle ne fait pas tout

Le constat dérangeant est que la croissance du PIB ne se traduit pas nécessairement en performances d’actions. Les preuves académiques ne mettent en évidence aucune relation fiable entre expansion économique et performance future de marché. La croissance peut enrichir certaines composantes de la population sans jamais bénéficier aux sociétés cotées.

Pour les investisseurs en actions, la croissance doit survivre à une chaîne de transmission : de l’activité aux revenus, des revenus aux bénéfices, des bénéfices au BPA. Chaque maillon peut céder, à cause de mauvaises décisions d’investissement, d’une intervention de l’État, d’une dilution des actions, d’une faible protection des actionnaires minoritaires ou d’une dépréciation de la devise. Pour les investisseurs obligataires, la chaîne est différente mais tout aussi exigeante : la croissance doit renforcer les recettes publiques et la soutenabilité de la dette, tandis qu’une politique monétaire et budgétaire crédible préserve la valeur réelle de l’investissement nominal initial et des coupons.

La question n’est donc pas de savoir quelle économie croît le plus vite, mais quelles économies transforment une croissance productive en bénéfices durables et en performances réelles pour les investisseurs.

Dispersion des prix et du risque

La dispersion des valorisations au sein de l’indice est extrême. Fin mai 2026, l’indice MSCI India se négociait à environ 20,2 fois les bénéfices prévisionnels, contre 11,6 fois pour la Chine, 11,0 fois pour l’Indonésie et 9,7 fois pour le Brésil. La volatilité est tout aussi différenciée, certains pays étant très sensibles aux mouvements du dollar, comme le Brésil et la Corée. Les écarts de valorisation et de volatilité reflètent au moins autant la concentration des indices, la cyclicité sectorielle, le comportement des devises et la liquidité que la stabilité macroéconomique.

Quatre moteurs de performance distincts

L’Asie offre la dynamique bénéficiaire la plus forte, sans toutefois reposer sur un modèle unique. La Chine constitue une opportunité de valorisation sélective après des années de déflation : les valorisations sont faibles, mais il faut des preuves que la croissance se traduit par des rendements du capital et profite aux actionnaires minoritaires. L’Inde est le moteur capitaliseur structurel, avec une véritable largeur sectorielle dans la banque, l’industrie, la consommation et la santé, mais sur la base d’une valorisation qui intègre déjà une capacité d’exécution considérable. Taïwan et la Corée montrent que leur PIB domestique est presque sans importance pour leurs bénéfices, les grandes entreprises technologiques exposées à l’investissement mondial dans l’IA y occupant une place dominante. Les détenir revient à prendre des positions importantes et concentrées sur le cycle des dépenses d’investissement liées à l’IA, soit un risque très différent de celui de la « croissance des marchés émergents ».

L’Asie du Sud-Est va du profil valorisation et revenus de l’Indonésie, avec des multiples faibles et des taux élevés, mais un indice étroit fortement pondéré en valeurs financières, au modèle du Vietnam, fondé sur une croissance plus forte et des anticipations plus élevées, où une croissance de 8 % en 2025 coexiste avec des risques de crédit, de gouvernance et de liquidité qui justifient un rendement exigé plus élevé.

L’Amérique latine présente des valorisations et des taux réels attractifs, mais une croissance tendancielle plus lente et une volatilité macroéconomique plus forte. Le Brésil, avec des bénéfices prévisionnel inférieur à 10 fois et un rendement du dividende supérieur à 5 %[1], constitue le scénario de base. Le soutien apporté par la valorisation est contrebalancé par le risque budgétaire.

La région EMEA se divise en trois ensembles : l’Europe centrale converge vers l’Union européenne développée et crée, ce faisant, une richesse importante dans des pays comme la Pologne. Dans le golfe Persique, les bilans souverains sont solides, mais l’enjeu consiste à transformer la richesse tirée du pétrole et du gaz en industrie et en services rentables non liés aux ressources.

Le cycle mondial reste déterminant

Rien de tout cela ne rend les marchés émergents indépendants du cycle mondial, la vigueur du dollar restant un moteur dominant des performances des actions émergentes et des obligations en devises locales, au point de compter parfois davantage que les écarts de taux d’intérêt. Le basculement vers des émissions obligataires en devises locales a transféré le risque de change aux investisseurs mondiaux. L’endettement doit être évalué non pas à partir du seul niveau de dette affiché, mais selon la devise de financement, la profondeur du marché domestique, la vulnérabilité externe et la crédibilité des politiques économiques.

Ce que cela signifie pour les portefeuilles

Pour les conseillers et les gérants de fortune, la décision d’investir sur les marchés émergents ne porte plus sur le montant à investir. Elle porte sur les segments à privilégier, le prix à payer et l’objectif recherché. Recherchez-vous la croissance, le revenu ou la diversification ? Choisir un gérant actif, plutôt qu’une approche indicielle entièrement passive, peut être préférable pour trouver la meilleure combinaison entre conversion des bénéfices, crédibilité des politiques économiques et valorisation. Sur le marché obligataire, n’acceptez des taux élevés que lorsque la crédibilité en protège la valeur réelle.

En conclusion, sur les marchés émergents, la dispersion n’est pas un inconvénient, mais une opportunité.

En savoir plus >

Informations importantes – Capital assujetti à un risque

Robeco Institutional Asset Management BV (n° de registre 24123167) est une société de gestion de droit néerlandais agréée par l’AFM et autorisée à la libre prestation de service en France. Tout investissement est soumis à un risque et notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision d’investissement, il convient de se référer aux documents d’informations clés pour l’investisseur et prospectus des fonds, disponibles sur www.robeco.com/fr.

 

 


[1] Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La valeur des investissements peut fluctuer. Sur la base des données à fin mai 2026 pour le MSCI Brazil.

Robeco est un spécialiste international de la gestion d'actifs. L'entreprise fondée en 1929 est basée à Rotterdam, aux Pays-Bas, et compte 15 bureaux dans le monde entier. Leader mondial de l'investissement durable depuis 1995, son intégration de recherches durables, fondamentales et quantitatives lui permet d'offrir aux investisseurs institutionnels et privés une vaste gamme de stratégies d'investissement actives couvrant un large éventail de classes d'actifs. Au 31 décembre 2025, Robeco affichait un total de 337 milliards d'euros d'actifs clients (actifs sous gestion et sous conseil), dont 335 milliards d’euros d’actifs intégrant les critères ESG, et 109 milliards d’euros sous modèles quantitatifs. Robeco est une filiale d'ORIX Corporation Europe N.V. Pour plus d'informations, consultez  https://www.robeco.com/fr-fr/


Article partenaire

Stratégie Credit Income: cibler l’alpha dans le crédit

Robeco

Les marchés du crédit semblent entrer dans une phase intéressante. Dans un contexte d’incertitude, marqué par l’assouplissement des politiques des banques centrales, des taux toujours élevés et une forte demande des investisseurs pour du rendement et de la stabilité, l’attrait du crédit s’est renforcé. Pour les investisseurs qui cherchent à optimiser leurs portefeuilles, c’est peut-être le moment de passer à l’action.

Lire l'article

Chargement…