Les marchés actions européens ont débuté septembre sur une note négative, dans un climat toujours dominé par les tensions sur les marchés obligataires. A Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 0,39% à 8 302 points et l'Euro Stoxx 50 de 0,85%. Londres et Francfort ont reculé respectivement de 0,32% et de 1,14%.
La prudence prévalait également à Wall Street à la clôture européenne. Vers 17h45, le Dow Jones reculait de 0,42% et le Nasdaq de 0,73%, alors que les rendements obligataires américains demeuraient à des niveaux élevés. A l'approche de la prochaine réunion de la Fed, l'hypothèse d'un nouveau tour de vis monétaire gagne du terrain de jour en jour.
Le gouverneur de la Fed, Michael Barr, membre votant du FOMC, s'est dit prêt à soutenir une hausse des taux d'intérêt si l'inflation ne montrait pas de signes suffisants de ralentissement vers l'objectif de 2% fixé par la banque centrale.
Sur le front macroéconomique, la séance a été particulièrement chargée, entre amélioration de l'activité manufacturière en Europe, ralentissement aux États-Unis et nouvelle poussée de l'inflation en zone euro.
En France, le PMI manufacturier de S&P Global est remonté à 51,1 points en août, après 49,8 en juillet, franchissant ainsi le seuil de 50 qui sépare expansion et contraction de l'activité. Le chiffre définitif ressort néanmoins légèrement sous l'estimation préliminaire de 51,5 points.
L'amélioration est encore plus marquée en Allemagne, où le PMI manufacturier a atteint 54,3 points, contre 52,2 en juillet et une première estimation de 54,1. Soutenue notamment par le rebond des nouvelles commandes, la production a enregistré sa plus forte croissance depuis janvier 2022.
Cette embellie sur le front de l'activité s'accompagne toutefois d'un regain des tensions inflationnistes. En zone euro, la hausse des prix à la consommation a accéléré à 3,3% sur un an en août, après 2,9% en juillet, selon la première estimation d'Eurostat, principalement sous l'effet de la flambée des prix de l'énergie.
Selon Juliette Cohen, stratégiste chez CPR Asset Management, les tensions inflationnistes sous-jacentes restent néanmoins contenues, tandis que le ralentissement des prix des services limite, à ce stade, le risque d'effets de second tour. La hausse des prix des biens industriels devra toutefois être surveillée, car elle pourrait signaler une diffusion progressive du choc énergétique au reste de l'économie. La trajectoire de l'inflation restera ainsi étroitement liée à l'évolution de la situation dans le détroit d'Ormuz et à ses conséquences sur les cours du pétrole, du gaz et de l'électricité.
Aux Etats-Unis, les dernières données ont envoyé un signal moins favorable sur l'activité. L'indice ISM manufacturier a reculé à 54,6 points en août, après 55,6 en juillet, alors que les économistes tablaient sur 55,2.
Le rapport JOLTS du Département américain au Travail a fait ressortir 7,271 millions d'ouvertures de postes en juillet là où le consensus ciblait 7,330 millions. Un mois plus tôt, ces ouvertures de postes s'élevaient à 7,182 millions.
Les investisseurs prendront connaissance demain du rapport sur l'emploi privé ADP, des commandes à l'industrie ou encore du Livre beige de la Fed.
Des valeurs en mouvement
Le principal indice de la place parisienne a été freiné par Pernod Ricard (-3,04%), Kering (-2,70%) et Stellantis (-2,60%) alors qu'Air Liquide ( 2,15%) a enregistré la deuxième plus forte hausse du CAC 40 derrière TotalEnergies ( 2,75%). Selon le Financial Times, le fonds activiste Elliott Management aurait pris une participation au capital du spécialiste français des gaz industriels.
Par ailleurs, Technip Energies ( 4,12%) a terminé sur la deuxième place du podium de l'indice SBF 120. Selon BFM Business, le groupe d'ingénierie serait en lice pour un appel d'offres lancé par SpaceX portant sur la construction d'un site de production de carburant sur une nouvelle base en Louisiane. Le contrat potentiel dépasserait 10 milliards de dollars, une perspective qui a fait bondir le titre de plus de 6% en séance.
Ailleurs en Europe, le distributeur britannique Frasers (-1,50%) a annoncé son intention de porter à plus de 50% sa participation dans Hugo Boss, quelques mois après l'échec de son projet de rachat à 2 milliards d'euros de la maison de mode allemande en juin.
Sur le marché des changes, l'euro cède 0,22% à 1,1592 dollar.
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