Le "verbe magique" de la FED mérite pleinement sa réputation : qu'un seul membre du FOMC, en l'occurrence Christopher Waller, exprime sa préférence pour des taux maintenus en l'état, et l'euphorie revient, permettant à Wall Street de finir la séance de jeudi sur des gains de 1,18% pour le Dow Jones à 53 686, de 1,06% pour le S&P 500 à 7 748 et de 1,16% pour le Nasdaq 100 à 29 482.
L'état d'esprit "fondamental" de Wall Street n'a décidément pas changé : une guerre, puis deux guerres, de l'inflation repartie à 4% en rythme annuel, des "taux de marché" qui flambent, un président des Etats-Unis qui enchaîne les déclarations grandiloquentes, surréalistes, contradictoires... Tout ce qui précède et qui s'appelle "le réel" ne pèse pas bien lourd face à une "petite phrase" qui va dans le sens de ce que Wall Street aime entendre.
La "bonne parole", et il s'ensuit immédiatement la disparition de tous les nuages à l'horizon, de toutes les inquiétudes... et le VIX, qui en mesure l'intensité, décroche de 6% ce jeudi, après 9% mercredi... et retombe sur 14,3, son niveau du 31 décembre 2025, qui coïncide avec le plancher annuel du 14 août.
Il a suffi, pour restaurer un optimisme inoxydable, que Christopher Waller, membre votant de la FED au prochain FOMC, déclare "qu'il serait favorable au maintien du taux cible des fonds fédéraux si les données montrent une atténuation des pressions inflationnistes en direction des 2%".
La trajectoire actuelle du gaz, du diesel, des engrais, etc. devrait pousser la dérive des prix vers 3,9% ou 4% en septembre... mais qu'un seul membre de la FED indique qu'il préférerait voir les taux inchangés, et cela renverse la psychologie du marché tout entier, à commencer par l'obligataire, naturellement.
Selon l'outil FedWatch du CME, la probabilité d'une hausse de taux le 16 septembre a plongé de 64% à 50,4% en quelques minutes.
Du coup, le "10 ans" US efface 2,4 points de base, vers 4,774%, et reste bien ancré au-dessus des 4,75%, le "2 ans" affiche la plus forte embellie, avec un repli de 4,4 points de base, vers 4,342%, après son incursion vers 4,400% la veille, tandis que le "30 ans" n'efface que 1,4 point de base, vers 5,252%.
Soulagés, les investisseurs ont racheté en force les "7 fantastiques" (et tous les titres pesant plus de 1 000 MdsUSD de capitalisation), un vrai réflexe pavlovien des algorithmes lorsque les taux rebaissent.
Le Nasdaq Composite engrange un flamboyant 1,4%, avec Tesla en ébullition ( 5,4%) à l'occasion de la présentation du "Cybercab", Meta ( 3% malgré les amendes record), Microsoft ( 2,7%) et Nvidia ( 1,8%).
L'exception qui confirme la règle au sein du "top 10" des actions les plus détenues, c'est Broadcom, qui a chuté de 2,7% à la suite de ses prévisions de ventes pour le 4e trimestre, inférieures aux attentes.
Il y avait de nombreux chiffres US inscrits à l'agenda ce jeudi : les indicateurs d'activité ont témoigné d'une vigueur persistante de l'économie américaine.
L'indice PMI composite de S&P Global grimpe vers 56 en août, après 54,6 en juillet, tandis que sa composante des services s'est établie à 56,5.
L'enquête ISM des "services" de l'Institute for Supply Management a également fait état d'une accélération plus forte que prévu de l'activité dans le secteur tertiaire, avec une hausse de 1,3 point à 55,4 en août, alors que les économistes anticipaient une stabilisation à 54,1.
Sur le front du commerce extérieur américain, en revanche, mauvaise surprise, puisque le déficit s'est lourdement creusé, de 24,4%, à 88,6 MdsUSD en juillet, contre 71,2 MdsUSD le mois précédent... Cela reste néanmoins légèrement inférieur aux 90 MdsUSD anticipés par le consensus.
Peu après la clôture, Zscaler prenait 3,5% en after-hours, grâce à un chiffre d'affaires qui a progressé de 25%, à 898 MUSD, contre 877 MUSD attendus, tandis que le bénéfice ajusté a atteint 1,19 USD, soit 10% de mieux que le consensus... et l'entreprise a également présenté des perspectives supérieures aux attentes.
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