Progressant de 4,67% à 35,44 euros, Rubis vire en tête du SBF 120 ce mardi matin. Le titre est porté par la révision à la hausse de son objectif d'Ebitda pour l'année 2026. Cette décision favorable intervient à la suite d'un 1er semestre solide, réalisé dans un environnement de prix pétroliers volatils et élevés, et soutenu par "de bons niveaux d'activité, une exécution disciplinée et une gestion commerciale active".
L'Ebitda annuel est désormais anticipé entre 775 et 825 millions d'euros contre une fourchette précédente entre 740 et 790 MEUR à taux de change EUR/USD constant (1,13) et sous l'hypothèse d'un impact inchangé de la norme IAS 29 sur l'hyperinflation par rapport à 2025.
Cette norme comptable oblige les entreprises dont la monnaie fonctionnelle est celle d'une économie hyperinflationniste à rectifier leurs états financiers afin d'en refléter le pouvoir d'achat exact à la date de clôture.
Perspectives régionales : résilience et dynamique de croissance
Concernant ses perspectives opérationnelles pour la seconde moitié de l'année, le spécialiste du stockage de produits pétroliers et chimiques "anticipe que le maintien de prix du pétrole élevés au niveau mondial pèsera sur la demande au 2e semestre. Toutefois, au niveau régional, dans les Caraïbes, l'activité restera soutenue par la poursuite du redressement en Haïti, le dynamisme du tourisme et le développement des économies du Guyana et du Suriname".
En Afrique, la performance devrait continuer de bénéficier de l'amélioration des conditions de marché, ainsi que de la croissance des volumes de bitume dans la plupart des zones géographiques, tandis que la demande au Nigéria devrait être plus modérée au 2e semestre. En Europe, la montée en puissance des activités bitume devrait continuer de soutenir une forte croissance des volumes, bien qu'à des niveaux des marges plus faibles, tandis que la croissance du GPL devrait progressivement se normaliser. Les développements dans la production d'électricité renouvelable devraient également s'accélérer au 2e semestre.
Performance financière de premier ordre
Sur le plan financier, les six premiers mois de l'année 2026 témoignent d'une dynamique très favorable. L'EBITDA de Rubis a progressé de 18% à 434 MEUR sur un an, "reflétant un niveau d'activité élevé dans l'ensemble des zones géographiques, combiné à une gestion efficace des stocks."
L'EBIT (résultat opérationnel) s'est établi à 307 MEUR, soit une hausse de 21% sur un an.
De son côté, le résultat net part du groupe atteint les 191 MEUR, en croissance de 17% sur un an, en ligne avec la performance opérationnelle. Par action, le bénéfice dilué ressort à 1,85 EUR, soit une augmentation de 17% en glissement annuel.
Les revenus globaux du distributeur de produits pétroliers ont grimpé de 24% à 4,068 MdsEUR. Comme le souligne le bureau d'études Invest Securities, le chiffre d'affaires se décompose en :
- un chiffre d'affaires de l'activité Distribution d'énergie de 4,031 MdsEUR ( 24%)
- et d'un chiffre d'affaires Production d'électricité verte (Photosol) à 37 MEUR ( 19%), issu d'une production d'électricité qui progresse de 28%, traduisant des effets prix négatifs".
En outre, la marge brute Distribution d'énergie sur ce semestre ressort à 497 MEUR ( 16%) pour des volumes distribués en hausse de 9%, confirmant une nette amélioration de la marge unitaire.
Flux de trésorerie et structure bilantielle solide
Sur le plan de la trésorerie, Rubis fait état d'un cash-flow opérationnel retraité de 223 MEUR au 1er semestre 2026 (contre 276 MEUR un an auparavant). Ce repli s'explique principalement par des besoins en fonds de roulement (BFR) plus élevés, dans un contexte de hausse des prix du pétrole.
La structure financière demeure néanmoins très saine : le ratio dette financière nette corporate sur EBITDA s'est établi à 1,3 fois à fin juin 2026, contre 1,4 fois un an auparavant, "confirmant la solidité du bilan de Rubis". La dette financière nette totale est ressortie à 1 466 MEUR.
Les investissements (capex) se sont établis à 137 MEUR, dont 57 MEUR ont été dédiés à la Production d'électricité renouvelable (contre 91 MEUR au 1er semestre 2025). Les 79 MEUR restants se répartissent entre les investissements de maintenance et les investissements de croissance dans l'activité de Distribution d'énergies.
Commentant cette publication semestrielle, Portzamparc soulève que ces résultats semestriels sont supérieurs à ses attentes. Le bureau d'études anticipait un Ebitda de 400 MEUR, un Ebit de 273 MEUR et un résultat net de 175 MEUR.
"Dans la distribution d'énergie, les volumes sont en progression mais un peu moins qu'attendu ( 5% au 2e trimestre contre notre prédiction de 10%). C'est donc la croissance de la marge unitaire qui explique l'excellente performance de la marge brute ( 16% sur le 1er semestre contre 13% selon notre estimation), sur tous les produits, tirée par l'Afrique (marge brute 31% pour des volumes à 3% sur le 1er semestre). L'EBITDA de cette division progresse de 22% à 324 MEUR (vs notre estimation de 308 MEUR, 16%). Celui de la division Support & Service est sans surprise stable à 111 MEUR (contre notre anticipation de 112 MEUR) et celui de Photosol progresse de 42% à 15 MEUR (contre notre estimation de 15% à 12 MEUR), détaille Portzamparc.
Qualifiant ces résultats semestriels de très solides, Oddo BHF réitère sa recommandation à Surperformance sur la valeur Rubis. Le bureau d'études met en avant la qualité de l'exécution opérationnelle, une possible opération M&A (fusions-acquisitions) significative ainsi qu'un attrait spéculatif.
Oddo BHF rappelle en outre que le titre fait toujours partie de sa liste de convictions Midcap en Europe alors que sa performance depuis le début de l'année est modeste ( 6%)", laissant entrevoir un potentiel de revalorisation attrayant.
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