Plombés par les tensions sur le pétrole et les rendements obligataires, les futures sur le S&P 500 (-0,6%) et le Nasdaq 100 (-1,6%) présagent un démarrage morose pour les indices actions à Wall Street, pour une semaine qui devrait être dominée par un tour de vis monétaire de la Réserve fédérale.
"Les prix du pétrole ont commencé la semaine en hausse après la fermeture d'un important oléoduc saoudien ayant supprimé la principale alternative du royaume au détroit d'Ormuz", souligne Konstantinos Chrysikos, responsable de la gestion de la relation client chez Kudo.com, alors que le baril de Brent dépasse 108 USD.
"Les menaces accrues pesant sur les infrastructures énergétiques saoudiennes et les navires dans le Golfe ont aggravé les préoccupations concernant l'approvisionnement, tandis que le report d'une réunion à Oman entre les pays du Golfe et l'Iran concernant d'éventuels arrangements pour le détroit a réduit les espoirs de normalisation des flux énergétiques", poursuit-il.
Outre les nouveaux sommets atteints par les cours du pétrole, les tensions sur les rendements obligataires continuent de donner aux investisseurs des raisons de s'inquiéter, avec un rendement des bons du Trésor à 10 ans actuellement à 4,98%, alors qu'un tour de vis monétaire de la Fed se profile à l'horizon.
La perspective d'une hausse des taux directeurs de la part du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), à l'issue de sa réunion mercredi prochain, a d'ailleurs été confortée par les chiffres toujours élevés de l'inflation américaine dévoilés vendredi dernier.
Une inflation élevée conforte la perspective d'un tour de vis
Pour mémoire, l'indice des prix à la consommation (IPC) des Etats-Unis a augmenté sur un an au mois d'août de 3,4% en données brutes et de 2,4% en données sous-jacentes, des taux annuels conformes à ce que les économistes anticipaient en moyenne, après respectivement 3,4% et 2,5% en juillet.
Surtout, l'IPC s'est accru de 0,4% en août par rapport à juillet, Commerzbank soulignant, au-delà de l'impact des prix de l'énergie, une "pression sous-jacente excessive sur les prix, comme en témoigne le taux d'inflation sous-jacente, qui s'est élevé à 0,3%, dépassant les attentes".
Rappelant que la Réserve fédérale avait déjà indiqué qu'elle pourrait relever ses taux si la tendance inflationniste ne s'atténuait pas rapidement, la banque allemande indiquait s'attendre à ce que la Fed relève sa fourchette cible de 25 points de base lors de sa réunion de ce mercredi.
"Alors que Christopher Waller, influent membre du Board de la Fed, avait indiqué ces derniers jours qu'un coup d'arrêt à la désinflation le ferait voter pour une hausse de taux, le sort du FOMC du 16 septembre apparaît scellé", jugeait aussi Bastien Drut, responsable stratégie & analyse chez CPRAM.
"Plusieurs éléments pourront être instrumentalisés par le FOMC pour remonter les taux : la forte hausse, ces derniers jours, du prix du pétrole, un rapport sur l'emploi d'août meilleur qu'attendu et... le fait que l'inflation soit désormais au-dessus de la cible de 2% depuis cinq ans et demi", expliquait-il.
De nombreuses données attendues cette semaine
En dehors de la décision du FOMC, la semaine verra paraître de nombreux indicateurs macroéconomiques aux Etats-Unis, dont les indices Empire State et Philly Fed, ainsi que les ventes de détail, les prix à l'importation, la production industrielle et les indicateurs avancés du Conference Board.
Dans l'actualité des valeurs, le groupe d'équipements médicaux Medtronic a fait part du lancement d'une offre d'échange visant à scinder au moins 80,1% des actions de sa filiale MiniMed Group, son ancienne division diabète introduite en Bourse en mars dernier.
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