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Le grand débat

Gestion obligataire institutionnelle : le crédit toujours au cœur de l’attention

Publié le 24 avril 2026 à 10h00

Sandra Sebag    Temps de lecture 36 minutes

La guerre au Moyen-Orient introduit un nouveau choc exogène dans un environnement déjà fragilisé. Si le scénario d’une récession en Europe n’est pas privilégié, les experts anticipent désormais une inflation plus élevée et une croissance mondiale revue à la baisse. Dans ce contexte, les marchés obligataires ont fortement réagi à travers une remontée des taux longs et un aplatissement de la courbe, mais l’évolution des spreads de crédit a été contenue. Face à ces mouvements et à l’incertitude qui semble s’installer, les gérants et investisseurs institutionnels continuent à privilégier le crédit. Ils mettent aussi l’accent sur les actifs de diversification comme la dette émergente, les convertibles ou encore les obligations indexées sur l’inflation.

Avec (de gauche à droite) :

  • Cyril Batkin, gérant de la stratégie Global Credit Opportunities chez Ellipsis Asset Management
  • Amaury d’Orsay, responsable mondial de la gestion obligataire et monétaire, membre du Comité Exécutif d’Amundi
  • Frédéric Salomon, gérant obligataire en charge de la gamme crédit euro chez IVO Capital Partners
  • Matthieu Durin, directeur de la stratégie d’investissements d’Allianz France

La guerre au Moyen-Orient remet-elle en cause votre scénario macroéconomique, et notamment vos anticipations en matière d’inflation et de croissance ?

Cyril Batkin, gérant de la stratégie Global Credit Opportunities  chez Ellipsis Asset Management : En matière d’inflation et de croissance, mon scénario central n’est pas celui d’un retour aux années 1970. Il s’agit plutôt d’un environnement marqué par une croissance plus faible et une inflation plus persistante que ce qu’anticipe le marché. Nous surveillons particulièrement les prix du pétrole, avec trois seuils clés pour le Brent. A 100 dollars, nous anticipons un ralentissement modéré. Autour de 120 dollars, un ralentissement plus marqué, avec un risque de stagflation. Au-delà de 150 dollars, on entrerait dans un régime clairement récessif. Dans tous les scénarios, hors résolution rapide du choc, l’inflation resterait élevée plus longtemps, tandis que le pic d’impact négatif sur la croissance en zone euro interviendrait plutôt en fin d’année. A l’inverse, en cas de résolution rapide, le Brent pourrait revenir vers 80 dollars. Les risques sont orientés à la baisse : nous anticipons une croissance de 0,7 % en zone euro en 2026 et de 1,9 % aux Etats-Unis, avec une inflation autour de 2,9 % en zone euro et de 3,5 % aux Etats-Unis. Nous ne sommes donc pas dans un scénario de crise économique immédiate, mais dans une phase de normalisation contrainte, dont l’élément clé reste la durée du choc énergétique.

Matthieu Durin, directeur de la stratégie d’investissement d’Allianz France : Nous avons une lecture assez proche. Le principal catalyseur reste la durée du conflit, avec un...

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