Obligations

Lazard Sovereignty Europe

Publié le 18 décembre 2025 à 11h21    Mis à jour le 23 septembre 2026 à 12h00

Marianne Di Meo   Funds  Temps de lecture 8 minutes

Pourquoi investir dans ce fonds ?

Convaincue que la thématique de la souveraineté fait désormais partie des moteurs de performance des marchés européens, la société Lazard Frères Gestion a lancé l’an dernier un nouveau fonds actions : Lazard Sovereignty Europe. Celui-ci offre aux investisseurs l’opportunité de soutenir et d’accompagner les entreprises qui contribueront à sécuriser et à renforcer l’avenir économique, technologique et industriel de l’Europe.

La problématique de la souveraineté s’applique bien évidemment au secteur de la défense, compte tenu de la complexité de l’environnement géopolitique, du recours croissant à la force militaire (conflits entre la Russie et l’Ukraine, entre les Etats-Unis et l’Iran) et de la dégradation des relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Autant d’éléments qui ont exacerbé le sentiment de fragilité et de dépendance du Vieux Continent, notamment en matière de défense contre les agressions extérieures (sous-investissement et part élevée des équipements importés).

Mais la souveraineté concerne de nombreux autres secteurs, comme l’avait souligné le rapport Draghi sur l’avenir de la compétitivité européenne publié en 2024. L’autonomie des capacités de production et des chaînes d’approvisionnement, la maîtrise des technologies clés (semi-conducteurs, intelligence artificielle, communications), la sécurisation des infrastructures essentielles aux besoins vitaux et au développement économique (réseaux électriques, plateformes financières), ainsi que l’accès à l’énergie et aux matières premières, font également partie des défis que l’Europe doit relever.

Le fonds Lazard Sovereignty Europe investit donc dans les entreprises les mieux placées pour fournir des solutions à ces besoins structurels, en apportant un soutien complémentaire aux larges plans d’investissements européens. Les crises successives ont en effet eu le mérite d’entraîner un sursaut des autorités européennes et d’enclencher des actions concrètes (notamment le plan européen ReArm Europe de 800 milliards d’euros et le plan allemand de 500 milliards). Les entreprises ciblées devraient connaître une forte croissance, mais aussi bénéficier de conditions réglementaires plus favorables au développement de leur activité, notamment pour faire émerger des champions européens, voire des leaders mondiaux.

Le fonds est co-géré par deux gestionnaires expérimentés, Thomas Brenier, directeur de la gestion actions, et Emilie Brunet-Manardo, analyste-gérante, avec l’appui de l’ensemble de l’équipe actions européennes (11 gérants-analystes spécialisés par secteurs, dont 3 dédiés aux small caps).

Le processus de gestion

Le fonds suit une approche de gestion fondamentale et active.

Le portefeuille est construit autour de cinq thématiques correspondant aux dépendances les plus critiques de l’Europe, qui sont complémentaires les unes par rapport aux autres. Le thème d’investissement central est celui du réinvestissement dans la défense et l’aéronautique. S’y ajoutent quatre autres piliers de la souveraineté européenne : les capacités industrielles, les technologies stratégiques, les infrastructures critiques, ainsi que l’énergie et les ressources naturelles.

L’équipe de gestion cherche à sélectionner des entreprises européennes offrant à la fois un positionnement fort sur ces thématiques et un excellent profil de performance économique.

Elle applique donc dans un premier temps un filtre thématique, pour ne retenir, au sein de l’indice Stoxx Europe 600, que les sociétés qui réalisent au moins 15 % de leur chiffre d’affaires dans les domaines précités.

Le stock picking repose ensuite sur une grille d’analyse financière qui s’appuie sur de nombreux critères : solidité du bilan, ROCE, allocation du capital, génération de cash-flows, valorisations, etc. Le processus de sélection intègre également une dimension ESG.

S’agissant d’un fonds de convictions, le portefeuille est resserré autour d’une cinquantaine de titres. La sélection de valeurs intègre des « gagnants » bien identifiés compte tenu de leur statut de leaders dans des secteurs critiques, mais aussi des entreprises de taille plus restreinte ou des sociétés encore sous le radar mais dont le marché devrait progressivement se rendre compte du rôle déterminant qu’elles remplissent, entraînant un rebasculement des flux d’investissement vers ces titres encore sous-valorisés.

La société de gestion

Fondée en 1848, Lazard est l’une des principales sociétés de conseil financier et de gestion d’actifs au monde, avec des activités en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Australie. Lazard offre ses conseils en matière de fusions et acquisitions, ainsi que des solutions de gestion d’actifs et d’investissement.

Lazard Frères Gestion est la société de gestion d’actifs du groupe Lazard en France. Elle bénéficie, pour accompagner ses clients, de tous les savoir-faire d’une grande maison de gestion adossée à un puissant groupe international.  

Les convictions de l’équipe de gestion

Le fonds est co-géré par Thomas Brenier, directeur de la gestion actions, et Emilie Brunet-Manardo. Cette dernière a rejoint Lazard Frères Gestion en 2024 au poste de gérante-analyste en charge des secteurs de l’énergie et de la distribution. Elle a commencé sa carrière en 2006 chez Oddo & Cie en tant qu’analyste financier. En 2010, elle a intégré Bpifrance en tant que directeur d’investissement sur actions cotées et non cotées puis, à compter de 2019, elle a occupé la fonction d’analyste-gestionnaire chez DNCA.

Le fonds a soufflé sa première bougie au mois d’août. Quel bilan peut-on dresser ?

La performance sur un an arrêtée au 31 août ressort à + 23,2 %, légèrement supérieure à celle de l’indice de référence, le Stoxx Europe 600 (+ 21,3 % sur la période).

Depuis le lancement du fonds, en août 2025, le marché a été très dynamique, alternant un rallye sur les valeurs technologiques tirées par l’essor de l’IA et des data centers avec une envolée des valeurs liées à l’énergie au gré des nouvelles concernant le conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Dans cet environnement de marché non linéaire, la manière dont nous avons choisi de structurer le fonds a démontré toute sa pertinence. Grâce à ses cinq piliers d’investissement qui sont pour certains – la défense, l’industrie et la technologie – davantage exposés au cycle d’investissement et pour d’autres – les infrastructures et l’énergie – plus défensifs, Lazard Sovereignty Europe est en effet un fonds thématique bien équilibré en termes de moteurs de performances et de risques.

Au-delà de la thématique d’investissement et de l’allocation entre les cinq piliers, la sélection de titres a été un élément déterminant dans la performance réalisée, démontrant ainsi tout l’intérêt d’une gestion active. En ce qui concerne les encours, ils ont dépassé la barre des 200 millions d’euros. Au cours de l’année écoulée, nous avons pu constater que ce sujet du réveil de l’Europe résonne fortement auprès des différents types de clientèles et ce, dans de nombreux pays.

La performance du secteur de l’aéronautique/défense, qui doit structurellement représenter plus de 20 % du portefeuille, a pu décevoir par moments…

Le secteur a en effet connu une période de sous-performance boursière à compter de l’éclatement du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Le marché a alors craint une baisse du trafic aérien, avec le risque que cela entraîne des annulations de commandes d’appareils de la part des compagnies aériennes ; il a également douté de la capacité des groupes industriels à augmenter leurs cadences de production ; enfin, dans la défense, il s’est inquiété de savoir si les équipements produits (les tanks, par exemple) étaient bien adaptés pour faire face aux nouvelles menaces. Néanmoins, la publication des résultats semestriels a démontré que tous les indicateurs étaient au vert, en matière de prises de commandes comme de rentabilité.

A l’heure actuelle, les valeurs de défense se paient moins cher que les valeurs industrielles liées à l’électrification. Cet écart ne nous semble pas justifié compte tenu des perspectives de croissance tout aussi robustes qu’offre le secteur de la défense. Il devrait donc logiquement connaître une revalorisation boursière. L’aéronautique-défense reste donc notre plus grosse surpondération (21 %) par rapport à l’indice de référence (5 %).

Comment le portefeuille s’articule-t-il entre les autres piliers d’investissement ?

Les infrastructures, dont le poids atteint 27 %, constituent le socle défensif du portefeuille. Ce segment très diversifié joue bien son rôle stabilisateur depuis le lancement du fonds.

Les valeurs industrielles (24 %) contribuent fortement à la performance, notamment toutes celles liées au mouvement d’électrification. Au-delà des grands noms bien établis, nous avons été en mesure d’identifier des acteurs de niche, notamment dans les pays nordiques ou parmi les sociétés à plus faible capitalisation boursière, dont les niveaux de valorisation étaient encore intéressants. Le pilier technologique (16 %) a bien sûr bénéficié du rallye sur les semi-conducteurs, mais il est également tiré par les fournisseurs d’équipements pour les télécoms mobiles, qui représentent un point sensible pour la sécurité nationale. Enfin, le pilier énergies et ressources naturelles (12 %) performe très bien depuis le début de la guerre en Iran.

 

PROPRIÉTÉS DU FONDS

Code ISIN : FR0014010443 (part RVC)

Forme juridique : SICAV

Société de gestion : Lazard Frères Gestion

Gérants : Thomas Brenier, Emilie Brunet-Manardo

Indicateur de référence : Stoxx Europe 600 (dividendes réinvestis)

Date de lancement : 29/08/2025

Encours sous gestion : 208 M€ (au 31/08/2026)

Investisseurs

Profil investisseur : tout public

Durée de placement recommandée : cinq ans ou plus

Performance

  • Sur 1 an : 23,2 % (au 31/08/2026)
  • Depuis la création du fonds : 23,2 % (au 31/08/2026) ; 
  • Depuis le début de l’année : 17,8 % (au 31/08/2026)

Frais

Frais de gestion courants : 1,6 %

Frais de souscription : 4 % max.

Commission de surperformance : oui

Frais de rachat : 0 %

Risques

4 sur une échelle de 1 à 7

(échelle de risque selon DIC Priips – Document d’information clé)

Risque de perte en capital et risque lié à la gestion discrétionnaire.

Règlement SFDR

Article 8

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