2015-2025 : une décennie de transformation pour les groupes du CAC 40

Publié le 24 septembre 2026 à 17h09

OPTION FINANCE  Temps de lecture 2 minutes

En 2014, la vague des nouvelles technologies avait semblé donner soudain un coup de vieux aux groupes du CAC 40, voués à plus ou moins brève échéance à s’effacer face à l’explosion de start-up plus innovantes et agiles. Dix ans plus tard, force est de reconnaître qu’il n’en a rien été. « Des transformations concrètes ont permis à de nombreux groupes de résister, de se reconfigurer et souvent de se renforcer », souligne Christophe Deshayes, chercheur à Mines Paris-PSL et auteur d’une étude consacrée à la transformation des entreprises du CAC 40 sur la décennie débutant en 2015. Cette dernière, menée dans le cadre de la chaire Phénix-Grandes entreprises d’avenir, montre ainsi que, sur une période pourtant marquée par plusieurs crises, leur chiffre d’affaires a progressé de 32 % sur dix ans, plus que l’inflation française, évaluée à 20 % sur la période, tandis que le résultat net a bondi de 137 %. Les dividendes ont doublé (+109 %), ainsi que la capitalisation boursière (+116 %). Les entreprises qui tirent le mieux leur épingle du jeu sont celles du luxe (LVMH, Kering, Hermès, L’Oréal),  du numérique B2B (Capgemini et Dassault Systèmes) et les services spécialisés (Edenred, Teleperformance, Eurofins Scientific), qui bénéficient, selon les cas, de pricing power, de technologies propriétaires ou de barrières à l’entrée. A l’inverse, d’autres secteurs, confrontés à des pressions propres à leur environnement, sont sous tension, comme l’automobile, les banques, les télécoms, l’immobilier commercial et la distribution. Néanmoins, globalement, « on constate que toutes les grandes entreprises, sans exception, ont transformé une ou plusieurs fois leur métier, leur périmètre et parfois même leur raison d’être ou leur mission », observe Christophe Deshayes. Contrairement à ce qui avait pu être anticipé il y a dix ans, les grands groupes restent aussi moteurs dans l’innovation : « Parmi les quinze plus grands déposants de brevets en France, neuf viennent du CAC 40 », montre l’étude, le solde venant des laboratoires publics. La performance boursière de ces groupes est également appréciable : en dix ans, le rendement a été de 11 % par an, contre 4 % pour l’immobilier parisien, et 6,5 % pour l’or.

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