Innovation

Capital-risque : daphni Blue mise sur la recherche scientifique

Publié le 5 février 2026 à 15h49

 Temps de lecture 3 minutes

Valoriser la recherche fondamentale européenne en permettant aux scientifiques de passer à une application pratique de leurs travaux grâce à la création d’entreprise : tel est l’objectif de daphni Blue, le nouveau fonds de la société de capital-risque, daphni. Créée en 2015, cette dernière a eu dès le départ pour vocation de rapprocher le monde des investisseurs de celui des start-up, autour de projets fondés sur des ruptures d’usage ou technologiques dont l’impact devait être également positif d’un point de vue sociétal et environnemental. « Notre stratégie d’investissement a cependant évolué avec le temps, explique Pierre-Eric Leibovici, co-fondateur de daphni. Nous avons commencé par nous intéresser aux innovations de rupture en termes d’usage (économie du partage, reconditionnement, mobilité douce…) avant d’élargir notre champ d’action à l’intelligence artificielle (IA) et l’éducation. A présent, nous sommes convaincus que la science peut être un élément de différenciation fort pour créer de la valeur durable. En effet, les projets porteurs vont de plus en plus combiner des dimensions à la fois technologique (software, hardware, IA) et scientifique, qu’il s’agisse de physique, de mathématiques, de sciences vivantes… C’est pourquoi nous voulons accompagner des projets reposant sur la propriété intellectuelle, et qui développent des solutions applicatives à partir de la recherche fondamentale. »

« Dans les laboratoires issus des universités et des centres de recherche, il existe une nouvelle génération de chercheurs attirés par l’entrepreneuriat.»

Pierre-Eric Leibovici co-fondateur ,  daphni Blue

En France, les dépenses de recherche et développement (R&D) effectuées dans les laboratoires publics représentent environ 20 milliards d’euros sur un montant total de quelque 60 milliards (40 milliards venant des entreprises). Un gisement d’idées encore insuffisamment exploité, d’autant que les mentalités commencent à changer : « Dans les laboratoires issus des universités et des centres de recherche, il existe une nouvelle génération de chercheurs attirés par l’entrepreneuriat, constate Pierre-Eric Leibovici. Pour les identifier, nous allons sur place rencontrer les équipes, ce qui nous permet aussi de déceler les thématiques porteuses dans le futur. »

Daphni Blue espère ainsi financer entre 40 et 50 projets dans les quatre prochaines années. « Depuis le lancement du fonds en mars 2025, nous avons bouclé un investissement par mois, ce qui confirme le potentiel de notre thématique », souligne Pierre-Eric Leibovici. Les investisseurs en semblent également convaincus : affichant un objectif initial à 200 millions d’euros, daphni Blue vient finalement de boucler sa levée de fonds à 260 millions d’euros, séduisant, outre des institutions publiques comme Bpifrance et le Fonds européen d’investissement (FEI), des assureurs, des personnes physiques, et des entreprises, en majorité français.

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