La croissance américaine ne sera pas boostée par la Coupe du monde 2026

Publié le 28 mai 2026 à 18h00

Bastien Drut    Temps de lecture 3 minutes

Du 11 juin au 19 juillet se tiendra la Coupe du monde de football masculin, réputée pour être l’événement sportif le plus suivi du monde. Comme chaque fois, beaucoup de bruit sera fait au sujet de l’impact économique de la compétition. Toutefois, cette dernière ne devrait pas être très significative pour l’économie américaine.

Il est bien établi dans la littérature académique qu’il n’y a généralement pas de « boom économique » (c’est-à-dire d’accélération de la croissance et/ou de l’emploi) lié à l’organisation des grands événements sportifs, contrairement à ce qui est « vendu » dans les dossiers de candidature. Une note commandée par la Fifa et publiée en mars 2025 estimait que la Coupe du monde 2026 augmenterait le PIB américain de 17,2 milliards de dollars. Même en retenant cette hypothèse, que l’on peut soupçonner d’être très optimiste car formulée par l’organisateur, l’impact serait inférieur à 0,1 % du PIB américain. En même temps, peut-on vraiment imaginer que l’économie d’un pays où se tiennent chaque année 1 230 matchs de NBA ou encore 1 344 matchs de NHL sera vraiment stimulée par une compétition durant laquelle 104 matchs seront disputés ?

Le changement de format de la Coupe du monde aurait pu faire que cette édition ait plus d’impact économique que les précédentes. En effet, avec le passage de 32 à 48 équipes pour la Coupe du monde 2026, le nombre total de matchs passera de 64 à 104 et la compétition durera trente-neuf jours au lieu de vingt-neuf pour l’édition précédente. Cela veut dire davantage de touristes internationaux, plus de fréquentation des hôtels, plus de dépenses de restauration, etc. Toutefois, cela n’est pas significatif à l’échelle de l’économie américaine. Cette expansion implique aussi des besoins plus importants en termes de stades. D’ailleurs, 16 stades seront utilisés pour cette première Coupe du monde à 48 équipes, contre 8 lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar et 12 pour celle de 2018 en Russie. Mais il est pour le moins commode que cette première édition à 48 équipes ait lieu principalement aux Etats-Unis, qui est le seul pays du monde avec une vingtaine de stades disposant d’une capacité d’au moins 80 000 spectateurs tous sports confondus. Il n’y a pas eu de travaux de grande ampleur pour la Coupe du monde 2026 et, là encore, l’impact économique de la compétition aura été faible.

En conclusion, pour une économie de taille petite ou moyenne, ou pour un pays qui aurait entrepris des travaux d’infrastructures importants, la réception de la Coupe du monde aurait pu avoir un petit impact macroéconomique, mais cela ne sera très vraisemblablement pas le cas aux Etats-Unis.

Bastien Drut Responsable des études et de la stratégie ,  CPR AM

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