L’impact des investissements sous-estimé par les marchés
Les transitions environnementale et géopolitique (indépendance stratégique) forcent tout l’écosystème (Etats, banques centrales, entreprises) à « allonger l’horizon ». Il devient désormais urgent d’investir, sauf à envisager l’obsolescence du capital.
Or, les marchés sous-estiment encore fortement l’ampleur et l’impact des plans d’investissement. Par exemple, outre le fonds de facilité pour la reprise et la résilience (700 milliards d’euros), le plan Next Génération EU comporte un second pilier avec un fonds de 80 milliards d’euros qui sert de garantie permettant un levier considérable sur l’investissement ! Ensuite, il y a une véritable impulsion de l’investissement public sur l’investissement privé qui « sort par le haut » dans beaucoup de pays développés (Etats-Unis, France, Italie, etc.). D’ailleurs, la dernière note de conjoncture de l’Insee montre que face à la crise énergétique, la principale réponse des entreprises françaises est d’adapter leurs processus de production et d’effectuer des investissements verts. Enfin, on ne doit pas sous-estimer les effets « multiplicateurs » des dispositifs publics bien calibrés : en Europe, ce sont les investissements publics qui sont le plus efficaces, alors qu’aux Etats-Unis, ce sont les crédits d’impôt de l’IRA (Inflation Reduction Act) qui auront le plus fort « retour sur croissance ».
Si les marchés sous-estiment l’ampleur et l’impact des investissements, ils sous-estiment alors la résilience de l’emploi, le risque de surchauffe et la normalisation monétaire.
Christophe Morel est chef économiste de Groupama Asset Management
Du même auteur
Choc pétrolier : comparaison n’est pas raison
Comparer la hausse actuelle des prix du pétrole à celle des chocs précédents serait une erreur :…
IA « fondamentale » versus IA « appliquée »
Alors que l’attention des investisseurs reste focalisée sur la rivalité entre les géants américains…
Christophe Morel