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Les critères ESG tendent à protéger les portefeuilles pendant la crise

optionfinance.fr - 27 mars 2020

Alors que les débats sont toujours vifs pour savoir si les critères ESG permettent de dégager un surcroît de performance financière en période de croissance, la protection qu’ils apportent en cas de baisse des marchés subit, elle, un test grandeur nature du fait de la crise actuelle. Et les premiers constats semblent confirmer la capacité des filtres extra-financiers à atténuer les chutes. «L’une de nos stratégies, appliquée aux secteurs du S&P 500, est déclinée sous deux versions, l’une ISR et l’autre non, mais sans autre différence par ailleurs. Or nous avons pu constater que la première dégage une surperformance de 3 % par rapport à la seconde depuis le début de la crise», témoigne Carmine de Franco, directeur de la recherche d’Ossiam, une société de gestion spécialisée dans la gestion smart beta ESG. De manière plus large, la déclinaison ESG de l’indice MSCI Europe, le MSCI Europe ESG Leaders NR, n’a chuté que de 26,06 % depuis le 19 février, contre 27,17 % pour sa version traditionnelle.

Une protection directement imputable à la sous-pondération des stratégies ISR en valeurs dépendantes du pétrole. «Des secteurs comme l’énergie, l’industrie ou les matériaux ont été fortement pénalisés par l’effondrement des cours du baril et de la demande mondiale et les portefeuilles moins exposés à ces secteurs ont pu en profiter. Il faut toutefois garder à l’esprit que ces mêmes secteurs pourraient bénéficier également d’un éventuel rebond ensuite», note Carmine de Franco. Mais la protection apportée par les filtres extra-financiers pourrait également être plus intangible. «Au-delà de l’aspect sectoriel, les stratégies ESG cherchent à sous-pondérer les entreprises soumises à des controverses. Or, l’existence de controverses préalables est un frein à une bonne gestion de la crise, estime Carmine de Franco. L’entreprise tend à consacrer davantage de ressources à la résolution de la controverse et pourra moins réagir à la crise. Elle aura en outre davantage de difficultés à retenir ses clients. Les problèmes se superposent les uns aux autres.» Un effet que scruteront de près les investisseurs institutionnels, très sensibles à l’ESG.