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Allocation

L’investissement factoriel se sophistique pour répondre aux nouveaux besoins

16 octobre 2020

La crise n’affecte pas la demande des investisseurs, institutionnels comme distributeurs, pour la gestion factorielle, c’est-à-dire adossée à des facteurs de performance tels que les catégories «qualité», «value» ou «faible volatilité». Selon l’étude annuelle d’Invesco, 97 % des investisseurs déjà positionnés sur cette approche déclarent vouloir maintenir ou augmenter leur allocation. «Ils y ont déjà recours pour environ la moitié de leur portefeuille, principalement pour la poche actions, indique Martin Kolrep, gérant de portefeuille senior sur les stratégies quantitatives chez Invesco. Mais cette année, on voit une accélération de la demande pour l’investissement factoriel obligataire. 95 % considèrent désormais que c’est une approche adaptée à la classe d’actifs, contre 59 % seulement l’an dernier. 40 % l’utilisent déjà.» 

De même, alors que la transformation ESG des portefeuilles s’accélère, 64 % des institutionnels interrogés estiment que l’intégration de critères extra-financiers dans des modèles factoriels permet de réduire les risques à court terme et de dégager une surperformance à long terme. «Nous parvenons à construire des stratégies factorielles attractives même en appliquant des contraintes ESG assez fortes, excluant par exemple 40 % à 50 % de l’univers d’investissement», assure Martin Kolrep. 

Enfin, l’innovation est aussi permise par la technologie : au lieu d’utiliser les facteurs les plus standards, les investisseurs peuvent avoir recours à des méthodologies à base de big data. «Nous avons développé un facteur “momentum” qui fait appel à des informations non standard, issues de l’analyse automatisée de l’ensemble des conférences téléphoniques d’analystes financiers, illustre Martin Kolrep. Nous étudions le sentiment optimiste ou pessimiste qui se dégage de ces échanges plus spontanés que la communication officielle des sociétés, et nous l’utilisons dans une approche factorielle “momentum” plus sophistiquée.»