Stratégie

Parole d’expert

Federal Finance Gestion : «l’approche ISR exige pragmatisme, transparence et agilité»

Option Finance - 20 novembre 2017 - Communiqué

Federal Finance, ISR

Spécialisée en gestion d’actifs pour compte de tiers, Federal Finance Gestion est une filiale du groupe Crédit Mutuel Arkéa. Pionnière en matière d’investissement socialement responsable (ISR), la société intervient en tant que mandataire de gestion auprès d’institutionnels. Sabrina Cadalen, responsable de l’ISR au sein de Federal Finance Gestion, expose les enjeux de la gestion ISR pour ces acteurs.

Sabrina Cadalen, responsable de l’ISR au sein de Federal Finance Gestion
Federal Finance Gestion

Comment l’approche ISR des institutionnels a-t-elle évolué ces dernières années ?
Ils se sont intéressés à ces problématiques bien avant la loi sur la transition énergétique de 2015, du fait de la nécessité de communiquer sur leur approche environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) auprès des différentes parties prenantes, notamment syndicats et conseils d’administration. Cet intérêt s’inscrit également dans le cadre d’une communication institutionnelle et financière plus poussée. Gérer les actifs en tenant compte des critères ESG est une des traductions concrètes de leur politique RSE.
On constate de plus un intérêt marqué et croissant des institutionnels pour les dix principes du Pacte mondial des Nations unies. Ces normes internationales s’inspirent de la Déclaration universelle des droits de l’homme, de la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail de l’Organisation internationale du travail, de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement et de la Convention de l’ONU contre la corruption. Les institutionnels excluent de plus en plus de leur portefeuille les émetteurs qui ne respectent pas ces principes.

Quels sont les points clés de votre démarche ESG/ISR ?
L’ensemble de notre univers d’investissement est analysé pour s’assurer que les sociétés respectent les critères du Pacte mondial des Nations unies, minimum requis en termes de responsabilité des entreprises. Après cette première étape, nous procédons à notre méthodologie «best in class», en n’excluant aucun secteur d’activité. Nous procédons à un classement de toutes les sociétés d’un secteur concerné afin de sélectionner celles qui ont les meilleures pratiques sur les enjeux clés. Les émetteurs sont classés selon une échelle qui va de A (pour les meilleurs) à E. Les émetteurs qui obtiennent une notation dans les trois premiers quintiles de leur secteur peuvent être investis dans nos fonds ISR. A cette sélection, s’ajoute un dialogue constructif avec les sociétés dont la notation extra-financière se situe sous la moyenne sectorielle. En nous alliant également avec d’autres sociétés de gestion via une plateforme d’engagements collaboratifs, nous apportons à notre discours une résonance plus forte pour des sociétés ayant encore de nombreux efforts à accomplir.

Comment faites-vous évoluer vos modèles d’analyse ?
Nous intégrons les grandes problématiques internationales traduites par les Objectifs de développement durable des Nations unies, en les adaptant à nos critères sectoriels de notation.
Notre notation ISR est étroitement liée aux résultats enregistrés par la société émettrice sur des problématiques données. Ainsi, sur un sujet tel que la mixité dans l’entreprise, nous examinerons le pourcentage de femmes dans les effectifs, parmi les cadres, etc.
Adapter nos modèles à la diversité des émetteurs est une priorité. Nous analysons plus de 2 000 valeurs, ce qui engendre un grand nombre de données et informations à traiter. De gros efforts sont donc réalisés en informatique et en R&D. Une veille technologique est également menée.

Sur quelle méthodologie reposent les mesures d’impact ?
L’objectif est de faire passer un message clair à nos clients institutionnels pour leur permettre d’évaluer et d’améliorer leur stratégie ISR. Nous nous devons d’être pragmatiques en examinant les éléments clés. Ainsi, concernant par exemple les émissions de CO2, trois grands secteurs (utilities, énergie, matières premières) représentent 80 % des émissions dans l’univers des sociétés cotées. Nous examinerons donc en priorité les émetteurs issus de ces secteurs pour évaluer avec nos clients comment ils peuvent améliorer l’impact environnemental de leurs investissements.

Sur quels avantages clés misez-vous ?

Bénéficier d’une équipe d’analystes en interne nous permet d’affiner nos critères et nous offre une plus grande agilité et davantage de créativité dans les approches proposées aux institutionnels. Le vaste périmètre d’analyse des entreprises émettrices couvre en grande partie le portefeuille d’actifs des institutionnels.
Appartenir à un groupe bénéficiant d’une bonne implantation régionale nous permet également de bénéficier d’une grande proximité avec nos clients et de développer des solutions sur mesure.
Au sein même du groupe Arkéa, la démarche RSE est pleinement intégrée au plan stratégique 2020. Une équipe est d’ailleurs entièrement dédiée à l’approche RSE du groupe. Les échanges d’expériences et les retours de bonnes pratiques sont favorisés.