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Scandale Wirecard

Audit, régulation, fintech : quelles conséquences ?

Publié le 3 juillet 2020 à 17h26

Anaïs Trebaul, Thomas Feat et Arnaud Lefebvre

A l’heure où les entreprises françaises sont de plus en plus nombreuses à solliciter le savoir-faire des fintech dans le domaine des paiements, le dépôt de bilan du spécialiste allemand Wirecard est venu mettre en lumière le déficit de régulation de ces acteurs, et par là même les risques auxquels peuvent être exposés leurs clients. Mais la chute de l’ex-star de la Bourse allemande a également révélé les faiblesses du cadre d’audit outre-Rhin et de la supervision des sociétés cotées en Europe.

Audit - Un modèle allemand faillible ?

Le scandale Wirecard emporte EY dans la tourmente. Auditeur du spécialiste allemand des paiements, le cabinet fait actuellement l’objet de plusieurs poursuites en Allemagne : de l’association d’actionnaires allemands SdK, du cabinet d’avocats berlinois Schirp & Partner ou encore de l’association d’investisseurs néerlandais European Investors (VEB). Cela fait plusieurs semaines que la pression s’était accrue sur EY. Alors que le cabinet avait certifié les comptes des précédents exercices de Wirecard, il a cette fois refusé de les certifier. La raison : ne pas avoir obtenu de preuves suffisantes prouvant l’existence de 1,9 milliard d’euros inscrits dans son bilan. Un montant substantiel, puisqu’il représente un quart de ce dernier.  Or il se pourrait que tout ou partie de cette somme était déjà inscrite dans les comptes des années précédentes.

Dans cette affaire, les professionnels sont divisés quant à la responsabilité d’EY. «La finalité première d’une mission d’audit est de donner une opinion sur les comptes et non pas de déceler une fraude, souligne Olivier Salustro, président de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC). Nous avons une obligation de moyens et pas de résultats.» Néanmoins, beaucoup estiment que des indices auraient pu les mettre sur la voie d’une fraude plus tôt. Depuis l’an dernier, après avoir obtenu des informations par un lanceur d’alerte, le «Financial Times» avait publié plusieurs articles incriminant certaines activités de la fintech. A tel point que KPMG avait été mandaté en avril dernier par le conseil de surveillance de Wirecard pour réaliser un audit complémentaire.

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