En cartographiant les impacts physiques du changement climatique sur 1 600 de ses sites et 37 matières premières, Danone a utilisé l’exercice réglementaire de la CSRD pour aller au-delà du simple reporting. Le groupe a cherché comment réorienter ses investissements et modifier certaines stratégies d’approvisionnement afin de réduire les impacts financiers des risques climatiques sur son modèle d’affaires.
Longtemps cantonné au reporting réglementaire, le travail de quantification des risques physiques liés au changement climatique s’impose progressivement comme un outil de décision stratégique à part entière avec une question qui se pose progressivement dans les entreprises : les risques climatiques pèseront-ils sur le modèle d’affaires ? Afin de mieux cerner ces enjeux, le groupe Danone, qui disposait déjà d’une stratégie climat avec notamment des objectifs approuvés par le SBTi, a réalisé une démarche inédite. Avec l’aide du cabinet Blunomy, le groupe agroalimentaire a en effet analysé 37 matières premières et 1 600 sites dans le monde afin de modéliser les impacts physiques du changement climatique sur les activités du groupe, notamment sa chaîne d’approvisionnement, en traduisant financièrement les risques.
En effet, la prise en compte des risques climatiques physiques s’impose de plus en plus au sein des entreprises, à la faveur notamment de la réglementation. « Depuis les Accords de Paris signés en 2015, l’approche a évolué : s’il y avait au départ une logique plus orientée sur la compréhension des impacts, la fonction “sustainability” se rapproche de plus en plus de la finance au sein des sociétés car il s’agit de gérer au mieux les risques et l’allocation du capital afin de favoriser la résilience de l’entreprise », estime Sébastien Guillo, CEO de Blunomy. Le cabinet, qui emploie une centaine de collaborateurs à Paris, à Londres, à Singapour et en Australie, travaille...