Soutenus par les collectes des fonds crédit, les tombées obligataires et les liquidités en portefeuille, les investisseurs ont digéré les émissions d’Amazon et d’Alphabet. Toutefois, un déferlement continu de dette des géants du cloud pourrait provoquer une indigestion technique et les contraindre à offrir des primes de risque plus alléchantes pour continuer à attirer la demande.
L’appétit des hyperscalers pour financer la course à l’intelligence artificielle (IA) apparaît désormais insatiable. Malgré des bilans solides et des valorisations boursières records, ces géants du cloud, capables de déployer à l’échelle mondiale des infrastructures de calcul et de stockage de données, recourent de plus en plus aux emprunts obligataires pour faire face à des besoins d’investissement massifs. Ils prennent ainsi d’assaut le marché de la dette en euros. « Inexistantes en 2024 sur le marché européen, les émissions des hyperscalers ont connu une hausse spectaculaire, atteignant 16 milliards de dollars (équivalent en euros) en 2025 et 27 milliards de dollars depuis début 2026. Ce segment est passé de 0 % à 7 % des encours de la dette d’entreprise non financière, tandis que le secteur technologique dans son ensemble représente 50 % du marché primaire dans le compartiment noté AA », relève Brice Perin, co-directeur multi-asset, taux & crédit chez LBP AM. En mars 2026, Amazon a ouvert le bal en réalisant en pleine tempête géopolitique au Moyen-Orient une émission record de 14,5 milliards d’euros découpée en huit tranches, de 2 à 38 ans. En mai, Alphabet a emboîté le pas avec une levée de 9 milliards d’euros en six tranches, de 4 à 37 ans. Les montants colossaux levés illustrent l’ampleur des besoins de financement liés à la montée en puissance des infrastructures d’IA et de cloud.
«Inexistantes en 2024 sur le marché européen, les émissions des hyperscalers ont connu une hausse spectaculaire, atteignant 16 milliards de dollars (équivalent en euros) en 2025 et 27 milliards de dollars depuis début 2026»