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Thierry Millon, directeur des études d’Altares Dun & Bradstreet

«La France est moins exposée à la mise en veille forcée de l’économie chinoise que d’autres pays»

Publié le 21 février 2020 à 18h48

Propos recueillis par Thomas Feat

Dans une étude récente, Altares et Dun & Bradstreet livrent des pistes permettant de comprendre quelle pourrait être l’incidence de l’épidémie de coronavirus (Covid-19) sur l’activité des entreprises à l’échelle mondiale. Qu’en est-il des entreprises françaises ?

Déclenchée en janvier dernier, l’épidémie de coronavirus touche aujourd’hui 19 provinces de l’est de la Chine, autrement dit le poumon économique du pays. Environ 900 entreprises françaises disposent d’au moins une unité de production, succursale ou bureau de représentation à l’arrêt dans l’une de ces régions. Ces entreprises, à l’instar de Seb, dont plusieurs usines chinoises sont inopérantes depuis un mois, sont les plus durement touchées, dans des proportions encore difficiles à déterminer. En France, les chaînes d’approvisionnement des secteurs de l’automobile, de la pharmacopée, de l’électronique grand public et du textile, qui drainent une part très importante des quelque 50 milliards d’euros d’importations en provenance du géant asiatique, risquent d’être affectées par la situation. Sans parler, bien évidemment, du transport aérien et du tourisme. Néanmoins, au niveau macroéconomique et sur le plan des débouchés, la France est beaucoup moins exposée à la mise en veille forcée de l’économie chinoise, son sixième partenaire commercial et deuxième fournisseur, que nombre d’autres pays. Cela se vérifie d’ailleurs dans les prévisions du Trésor, selon lequel l’épidémie ne devrait grever la croissance du PIB français que de 0,1 % cette année. Ces chiffres doivent bien sûr être pris avec prudence.

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