Détourer une branche d’activité pour la céder : la conjoncture s’y prête. Les opérations de carve-out reprennent sur le marché français depuis un an. Fonds d’investissement et industriels de tous secteurs mobilisent leur savoir-faire pour mener à bien ces restructurations délicates.
Alors que les regards restent braqués sur la vente de SFR par Altice, les opérations de détourage d’activités dans l’objectif d’une cession (carve-out) se multiplient depuis un an. Rentokil Initial, Orange, Unilever, Aéroports de Paris… autant d’entreprises qui ont procédé à de telles opérations. Tous les secteurs sont concernés. Ainsi, les carve-out devraient continuer à occuper « une place importante dans les opérations de fusion-acquisition du secteur des technologies médicales au cours des prochaines années, à mesure que les entreprises réorientent leurs portefeuilles », avance Bain & Company. Son M&A Report 2026 évoque également le secteur de la défense. Dans une étude publiée en avril, KPMG cite pour sa part deux secteurs occupant « une place centrale dans la dynamique actuelle des carve-out » : l’industrie et les biens de consommation.
Si le contexte s’y prête, ces opérations ne se limitent plus aux restructurations. « Le carve-out permet aussi de faire tourner les actifs, rappelle Philippe Nataf, président de Ntrust Corporate Finance, ou peut s’imposer après une fusion. » C’est justement pour éviter des cessions a posteriori, imposées par le droit de la concurrence, que les trois opérateurs français Orange, Bouygues Telecom et Iliad veulent aujourd’hui se mettre d’accord sur une répartition des actifs de SFR. Si ce dossier pourrait être le deal de l’année, avec un carve out majeur pour Altice, en 2022, c’était le rachat de Suez par Veolia qui faisait l’actualité, avec...