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Private equity - Une santé insolente

Publié le 14 octobre 2022 à 17h20

Thomas Feat    Temps de lecture 13 minutes

En dépit des répercussions économiques de la crise sanitaire et du conflit russo-ukrainien, les spécialistes français du capital-investissement n’ont jamais collecté ni investi autant d’argent. Leurs réserves de liquidités et leur positionnement diversifié constituent, pour l’heure, des garde-fous efficaces face à la dégradation de la conjoncture. A condition, estiment toutefois certains observateurs, que celle-ci reste limitée.

Alors que les économistes s’interrogent sur l’ampleur de la récession à venir, un secteur de l’économie semble miraculeusement échapper à la crise : le private equity. Au premier semestre 2022, les acteurs français de l’industrie ont levé 21 milliards d’euros et investi 18 milliards d’euros, deux chiffres en augmentation de respectivement 14,1 % et 32 % sur un an… et surtout, les plus élevés de leur histoire. 

Sur la période, toutes les collectes et allocations des segments du capital-investissement hexagonal, à savoir le capital-innovation, le capital-développement, le capital-transmission et les fonds d’infrastructures, ont été orientées à la hausse (voir diagrammes p. 12 et 13). Entre janvier et juin derniers, 1 559 entreprises ont été visées par les investissements de la filière, soit 25 % de plus qu’au premier semestre 2021. « Le non-coté se distingue des autres classes d’actifs, pénalisées par l’accélération de l’inflation, la hausse des taux et les perspectives de récession », indique Rénald Béjaoui, managing partner au sein du cabinet de conseil Alvarez & Marsal.

De fait, alors que le CAC 40 et le SBF 120 ont cédé respectivement 18,5 % et 20,3 % depuis le début de l’année, les fonds actions européens ont encaissé une décollecte de 40 milliards d’euros. Les fonds obligataires investis en Europe ont, pour leur part, vu leurs encours se replier de 80 milliards d’euros. Quant à la capitalisation globale des cryptoactifs, censés être décorrélés des variations des prix et insensibles aux politiques monétaires des banques centrales, elle s’est effondrée de près de 70 % depuis le pic atteint par ces instruments alternatifs en novembre 2021…

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