Figer des financements longs à un coût prohibitif ou risquer l’effet couperet d’une fermeture de marché : voilà le dilemme des entreprises émettrices de dette. Pour y répondre, elles gèrent activement leur dette dans un cadre spécifique de planification financière où le coût de portage s’impose comme l’arbitre.
Véritable outil de gestion proactive de la liquidité, le préfinancement consiste, pour un trésorier d’entreprise, à anticiper un besoin futur de financement – qu’il s’agisse des besoins opérationnels, du refinancement d’une échéance obligataire ou de la réalisation d’une opération stratégique – afin de sécuriser les conditions de marché avant une éventuelle dégradation des fenêtres d’émission. En choisissant de se préfinancer fin 2025 et début 2026, certains émetteurs ont ainsi préféré prendre les devants face aux incertitudes macroéconomiques, géopolitiques et de politiques monétaires. C’est le cas d’Edenred, noté A- chez S&P, qui a émis, le 8 janvier, une obligation à sept ans d’un montant de 500 millions d’euros, assortie d’un coupon de 3,75 %. Les fonds levés serviront à couvrir des besoins généraux du groupe, en particulier des investissements en matière de technologie et de produit, ainsi qu’au refinancement d’une dette de même montant arrivée à échéance en mars 2026. Réalisée dans un contexte de marché encore porteur en début d’année, cette opération a permis d’étendre la maturité moyenne de sa dette obligataire de 3,3 à 4,1 ans.
Un choix qui s'est révélé bienvenu. Depuis l’éclatement de la guerre en Iran, en effet, les conditions de marché se sont dégradées. Les taux de swap, qui servent de taux de référence pour la valorisation et la fixation des rendements des obligations en euros, auxquels s’ajoute le spread de crédit propre à chaque émetteur, ont augmenté. Selon...