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Interview - Eric Dor, directeur des études économiques, IESEG School of Management

«Une amélioration des textes de l’Union bancaire sera sans doute nécessaire.»

Publié le 9 mars 2018 à 15h28    Mis à jour le 12 mars 2018 à 10h47

Propos receuillis par Arnaud Lefebvre

La faillite de la banque lettone ABLV expose actuellement la BCE à un vent de critiques. Alors que l’établissement est notamment accusé par les Etats-Unis de blanchiment d’argent, certains observateurs reprochent à l’institution monétaire, superviseur unique dans le cadre de l’Union bancaire, de ne pas avoir su déceler ces pratiques. En outre, le choix de placer la banque, pourtant qualifiée de «systémique», directement en liquidation, a surpris. Ces observations vous semblent-elles justifiées?

S’agissant du problème supposé de supervision, il est essentiel de rappeler que les sujets de blanchiment et de corruption sont du ressort des autorités locales, conformément aux souhaits des Etats membres. En conséquence, il est inapproprié de reprocher à la BCE de ne pas avoir détecté les pratiques dont ABLV est suspectée. En revanche, la décision d’opter pour une liquidation en lieu et place d’une résolution semble contradictoire. Si un établissement est classé comme systémique, cela est censé signifier que sa disparition est de nature à affecter durement le secteur bancaire domestique, voire par ricochet celui de la zone euro. Or, le Conseil de résolution unique (second pilier de l’Union bancaire) a estimé qu’une mise en résolution de la banque lettone n’était pas utile !

Il est vrai qu’avec un bilan représentant 13 % environ de la taille globale du secteur bancaire domestique, ABLV affichait un poids relativement modeste, d’autant plus que la grande majorité de sa clientèle (près de...

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