Fiscalité, Comptabilité, Droit

Baptiste Collot, président, Trustpair

« La maîtrise de la fraude au virement passera par le digital »

Option Finance - 5 février 2021 - Parole d'expert

Quelles sont les problématiques actuelles des entreprises concernant la fraude aux virements ?

Maintenir un référentiel tiers à jour est un défi pour les entreprises. Les données liées aux fournisseurs se comptent en effet souvent par milliers et évoluent dans le temps. Pourtant, pour vérifier les données bancaires et limiter les risques de fraudes aux virements, trop d’entreprises ont encore recours aux processus manuels, chronophages et à risque. Des process qui tendent par ailleurs à devenir caducs face à l’augmentation actuelle des risques cyber, comme observé lors de la crise sanitaire. Malgré le renforcement de ce risque et bien que la lutte contre la fraude au virement soit une priorité pour plus de 89 % des directions financières, seules 16 % d’entre elles utilisent une solution technologique pour y faire face. De même, alors que la lutte contre la fraude aux virements est en tête des priorités des projets de transformation digitale pour deux tiers des DAF de grands comptes, 14 % d’entre elles seulement ont l’intention d’investir dans des projets en la matière.

Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Le digital est une priorité pour la direction financière depuis plusieurs années. Cependant, en France, la digitalisation de la fonction comptable au sens large reste en retard par rapport à d’autres pays. D’autre part, le faible niveau d’équipement des DAF en matière de solutions de protection contre la fraude aux virements vient également du manque de maturité du marché. En effet, nous sommes encore sur un marché de premier équipement. Certes, nous constatons une réelle sensibilité des directions financières sur le sujet. Néanmoins, elles ont encore besoin d’être rassurées et éduquées sur les solutions disponibles et les opportunités offertes par le digital pour améliorer le contrôle des données et lutter contre la fraude au virement. Enfin, ces projets sont encore trop souvent vus comme des capex, alors même que leur retour sur investissement est immédiat.

Pourtant, le digital est un rempart face à la fraude aux virements ?

Le digital permet d’automatiser le contrôle des données sur toute la chaîne procure-to-pay, impliquant aussi bien les achats que la trésorerie, la direction financière ou encore la comptabilité. Il contribue ainsi à sécuriser toutes les étapes clés de la chaîne de paiement : du contrôle de nouveaux fournisseurs et de nouveaux RIB à la vérification des fichiers de paiements en passant par le maintien à jour de la donnée dans la base « tiers ». Les bénéfices de la digitalisation des contrôles des fournisseurs sont immédiats.