C'est une nouvelle semaine positive qui s'est achevée à Wall Street pour deux des trois principaux indices américains, même si tous ont terminé en légère baisse ce vendredi. Le Dow Jones s'est effrité de 0,20% à 53 732 (et de -0,56% sur la semaine), le S&P 500, de 0,17% à 7 786 (mais 0,36% en hebdomadaire) et le Nasdaq 100, de 0,13% à 30 046 (mais 1,09% en hebdomadaire).
La persistance des tensions au Moyen-Orient, des ventes au détail décevantes et une baisse de la confiance des consommateurs n'ont pas pour autant affecté le "VIX", qui continuait de se détendre de 3% vers 14,2, sa meilleure marque depuis le 31/12/2025 (à une époque où il n'y avait ni guerre dans le Golfe ni tensions sur les taux US, à des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis plus de 15 ans).
Traduction : les investisseurs continuaient d'acheter des "technos" sans se "couvrir", habitués à ce que le week-end apporte son lot de communiqués rassurants concernant une réouverture d'Ormuz, qui sera démentie dès mardi... comme à chaque fois depuis le 8 avril dernier ?
Et surtout, les "bulls" ont refusé de prendre en considération la dégradation des marchés obligataires, avec des T-Bonds au plus bas depuis 19 ans. Les rendements sont repartis de plus belle à la hausse, battant des records annuels et atteignant même des niveaux qui n'avaient plus été observés depuis deux décennies. Ainsi, le "30 ans" US a bondi de 5 points de base, vers 5,260% (un "plus haut" depuis juin 2007 ou l'été 2006), le "10 ans" a grimpé de 5 points de base, vers 4,691%, et le "2 ans" a gagné 3 points de base, à 4,170%.
Cette tension généralisée des taux n'allait pas de soi, compte tenu du renversement des anticipations concernant la politique monétaire de la FED en milieu de semaine, avec désormais une confortable majorité des deux tiers en faveur d'un statu quo à la mi-septembre.
Les chiffres du jour ne justifiaient pas une telle lourdeur des T-Bonds : les paramètres de croissance se dégradent, avec des ventes au détail qui ont reculé de 0,6% le mois dernier, après une hausse de 0,2% en juin, un chiffre révisé et désormais annoncé comme "inchangé", selon le Census Bureau du département du Commerce.
Ce chiffre a quelque peu surpris, compte tenu de la modération de l'inflation (prix à la production et à la consommation), qui est censée redonner du pouvoir d'achat. Les Américains ont moins dépensé dans les stations-service du fait de la manipulation des cours du pétrole par le biais de communiqués optimistes diffusés par Donald Trump (le baril de "Brent" est remonté vers 88,5 USD).
L'autre "chiffre du jour" concernait le moral des Américains : les résultats de l'enquête mensuelle préliminaire de l'université du Michigan trahissent une nette dégradation de la confiance des consommateurs, laquelle ressort à 51, contre 54,5 en juillet, alors que le consensus tablait sur une décrue marginale.
À la veille du week-end, le trafic dans le détroit d'Ormuz était quasiment à l'arrêt après l'attaque de deux navires qui circulaient dans le secteur : toute la semaine, les autorités iraniennes se sont appliquées à rappeler qu'elles ne céderaient sur aucune de leurs exigences, Donald Trump affirmant de son côté que le "blocus de fer" qu'il impose à Téhéran allait mener le régime à la ruine ("ils ne pourront bientôt plus payer leurs soldats"... comme si cela allait changer l'attitude de l'Iran, qui peut de surcroît emprunter auprès des BRICS).
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